Un audit ReCyF doit commencer par le périmètre des systèmes d’information concernés, puis associer à chaque exigence applicable une conclusion, des éléments de preuve et, lorsqu’un écart existe, une action de remédiation. La difficulté est que le ReCyF ne fournit pas une échelle de maturité prête à l’emploi : il décrit des mesures de cybersécurité, pas une méthode de scoring. Une évaluation opérationnelle doit donc distinguer la conformité à l’exigence d’un éventuel score de maturité utilisé pour le pilotage. Les entretiens seuls ne suffisent pas : les déclarations doivent être recoupées par des documents, configurations, enregistrements ou tests adaptés à l’exigence évaluée.
Dans cet article, l’expression audit ReCyF désigne une évaluation structurée de la situation d’une organisation par rapport aux mesures du Référentiel Cyber France.
Cette précision est importante.
L’ANSSI présente actuellement ReCyF comme un document de travail regroupant les mesures qu’elle recommande pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS2. Au 11 août 2026, l’ANSSI indique également que la transposition française de la directive est toujours en cours.
Le ReCyF disponible sur MesServicesCyber distingue les mesures destinées aux entités importantes et aux entités essentielles et structure les exigences autour d’objectifs de sécurité couvrant notamment la gouvernance, l’écosystème, les ressources humaines, la maîtrise des SI, les accès, les incidents, la continuité, les risques, les audits et la supervision.
Il faut éviter une première confusion : réaliser une évaluation ReCyF ne délivre pas une certification NIS2.
L’ANSSI précise que le ReCyF est à ce stade un document de travail. Sa page NIS2 indique également qu’il correspond au référentiel envisagé par le projet français de transposition et qu’il est, dans le dispositif actuellement présenté, non obligatoire par défaut.
Une organisation peut donc utiliser ReCyF dès maintenant pour :
Mais il serait excessif d’écrire dans un rapport :
« L’entreprise est certifiée ReCyF » ou « l’audit garantit la conformité NIS2 ».
Le rapport doit plutôt préciser la version du référentiel utilisée, le périmètre évalué et les limites de l’exercice.
Cette distinction est particulièrement importante pour le référencement autour de « audit NIS2 ANSSI ».
Le ReCyF contient lui-même un objectif de sécurité 17 consacré aux audits de sécurité, marqué pour les entités essentielles. Il prévoit notamment un programme d’audit tenant compte de l’analyse de risques, de la criticité et de l’exposition du système d’information. Il précise aussi que l’audit de sécurité peut comporter une activité de test d’intrusion, d’audit de configuration, d’architecture, d’audit organisationnel et physique ou, lorsque cela est pertinent, d’audit de code.
Une auto-évaluation ou évaluation de préparation ReCyF n’est donc pas automatiquement l’audit de sécurité attendu par l’objectif 17.
C’est un point à écrire explicitement dans le rapport.
En août 2026, la bonne pratique consiste à figer la version utilisée pour chaque évaluation.
L’ANSSI continue en effet de présenter ReCyF comme un document de travail tant que les travaux législatifs, réglementaires et de consultation ne sont pas terminés. L’Agence a également mis à disposition un outil de comparaison avec d’autres normes et référentiels pour les organisations déjà engagées dans des démarches de sécurisation.
Dans chaque rapport, conservez donc :
Cela permettra de réévaluer proprement la situation lorsque ReCyF évoluera.
Une évaluation ReCyF peut être conduite en dix étapes.
Ne commencez pas par remplir les exigences.
Commencez par identifier ce qui est réellement évalué.
Le premier objectif de ReCyF demande précisément à l’entité de recenser ses activités et services, d’identifier les responsables associés et les systèmes d’information qui les supportent. Cette liste doit également être revue périodiquement et lors d’évolutions importantes.
La fiche de cadrage devrait donc contenir au minimum :
| Information | Exemple |
| Organisation | Société A |
| Activités couvertes | Production et vente en ligne |
| Services concernés | ERP, site e-commerce, messagerie |
| SI concernés | Microsoft 365, AWS, réseau interne |
| Sites | Siège + entrepôt |
| Prestataires | MSP, hébergeur, éditeur ERP |
| Utilisateurs | 180 salariés |
| Période évaluée | Janvier à juillet 2026 |
| Hypothèse ReCyF | EI ou EE à confirmer |
| Exclusions | Filiale étrangère hors mission |
Le dernier champ est particulièrement important pendant la période actuelle de transposition.
Ne sélectionnez pas artificiellement une catégorie simplement pour diminuer le nombre d’exigences évaluées.
Le ReCyF publié sur MesServicesCyber distingue les exigences applicables aux EI, aux EE, ou aux deux catégories via des identifiants tels que 1.1-EI/EE ou 17.1-EE.
La première matrice de travail peut donc contenir :
| ID | Objectif | Exigence | EI | EE | Dans le périmètre ? | Justification |
| 1.1 | Recensement SI | Recenser activités, services et SI | ✓ | ✓ | Oui | Ensemble du SI |
| 2.C.1 | Conformité | Analyser les écarts ReCyF | ✓ | ✓ | Oui | Objet de l’évaluation |
| 13.2 | Continuité | Tester sauvegarde et restauration | ✓ | ✓ | Oui | SI inclus |
| 17.1 | Audit | Mettre en œuvre un programme d’audit | ✓ | Selon statut | À confirmer |
Il ne faut pas traiter la colonne « non applicable » comme une façon de supprimer une exigence gênante.
Toute exclusion doit être justifiée par :
Le ReCyF prévoit par ailleurs la possibilité, dans le cadre décrit par l’ANSSI, de documenter des mesures alternatives lorsqu’une entité choisit de s’appuyer sur d’autres moyens pour atteindre l’objectif visé. La justification de cette alternative doit apparaître dans l’analyse de conformité.
Une ligne par exigence doit suffire pour retrouver toute l’analyse.
Je recommande au minimum les champs suivants :
| Champ | Utilité |
| ID ReCyF | Traçabilité |
| Objectif de sécurité | Regroupement |
| Exigence | Critère évalué |
| Périmètre | SI ou activité concernée |
| Interlocuteur | Personne interrogée |
| Méthode | Document / entretien / test |
| Preuves | Éléments examinés |
| Observation | Situation constatée |
| Conclusion | Conforme / non conforme / etc. |
| Maturité | Score interne facultatif |
| Confiance | Niveau de preuve |
| Écart | Différence avec l'exigence |
| Recommandation | Résultat attendu |
| Action | Travail à réaliser |
| Responsable | Propriétaire |
| Échéance | Date cible |
Cette structure évite le fonctionnement classique :
Excel d’audit → Word de restitution → nouvel Excel de remédiation.
L’objectif est de conserver une chaîne unique :
exigence → preuve → constat → décision → action.
Un entretien ne doit pas demander :
« Êtes-vous conforme à l'exigence 10.C.4 ? »
La question incite à répondre oui ou non sans comprendre réellement la pratique.
Il faut transformer l’exigence en questions opérationnelles.
Prenons la revue des droits d’accès. Le ReCyF prévoit une revue périodique, au minimum annuelle, destinée notamment à vérifier et corriger les anomalies.
Les questions utiles deviennent :
Cette méthode distingue la déclaration de l’élément démontré.
Pour structurer une évaluation, il est utile de distinguer :
Cette distinction n’est pas une méthode officielle ReCyF. Elle reprend cependant les trois grandes méthodes d’évaluation définies par le NIST SP 800-53A : examination, interview et test.
Exemple sur une sauvegarde :
Les trois informations n’apportent pas le même niveau d’assurance.
Le ReCyF ne fournit pas une liste universelle disant :
« Pour obtenir Conforme, fournir exactement les documents A, B et C. »
Les preuves doivent donc être déduites du résultat demandé par chaque exigence.
Une méthode simple consiste à analyser le verbe employé.
| Formulation de l’exigence | Preuves utiles à rechercher |
| « définit » | Politique, procédure, règles formalisées |
| « met en œuvre » | Configuration, déploiement, enregistrement opérationnel |
| « maintient à jour » | Document daté + historique ou dernière révision |
| « effectue une revue » | Compte rendu, résultats, anomalies identifiées |
| « teste » | Rapport de test et résultat obtenu |
| « approuve » | Validation formelle ou décision |
| « conserve » | Enregistrements réellement disponibles |
| « s’assure » | Contrôle permettant de démontrer que l’objectif est atteint |
Cette grille est une méthode de préparation proposée, pas une liste de preuves publiée par l’ANSSI.
Une procédure de gestion des incidents démontre qu’un processus est défini.
Elle ne démontre pas nécessairement qu’il fonctionne.
Pour une mesure mature, recherchez lorsque c’est pertinent :
document → mise en œuvre → contrôle → historique.
Exemple :
C’est souvent cette dernière partie qui manque lors des premiers audits.
C’est ici qu’il faut éviter une erreur fréquente : transformer directement ReCyF en note sur 100.
Le référentiel disponible sur MesServicesCyber organise des exigences et une analyse de conformité, mais ne publie pas de barème de maturité ou de scoring global dans cette présentation. Il demande notamment à l’entité de maintenir une analyse des écarts entre les mesures mises en œuvre et celles prévues par ReCyF.
Il vaut donc mieux conserver deux informations différentes :
Conclusion de conformité
et
niveau de maturité interne, si vous souhaitez en utiliser un.
Nous y revenons plus loin.
Un constat utile ne dit pas :
« Gestion des sauvegardes insuffisante. »
Il doit pouvoir être compris et défendu par une autre personne.
Utilisez la structure :
critère → observation → preuve → écart → conséquence → recommandation.
Exemple :
Critère
ReCyF 13.2-EI/EE prévoit que les processus de sauvegarde et de restauration soient testés au moins une fois par an.
Observation
Des sauvegardes automatiques sont configurées et leur exécution est supervisée par le prestataire informatique.
Preuves
Écart
Aucun test de restauration daté n’a pu être présenté pour les douze derniers mois.
Conclusion
Exigence non démontrée sur le point relatif au test de restauration.
Recommandation
Planifier un test représentatif de restauration, conserver son résultat et intégrer ce contrôle au calendrier récurrent de l’organisation.
La formulation reste factuelle. Elle ne transforme pas une absence de document en hypothèse technique non vérifiée.
Il serait tentant de traiter en premier toutes les exigences notées zéro.
Ce n’est pas une bonne méthode.
La priorisation doit croiser au minimum :
Le principe est cohérent avec NIS2, qui demande des mesures appropriées et proportionnées et prévoit notamment de tenir compte de l’exposition aux risques, de la taille de l’entité et de la probabilité et de la gravité potentielles des incidents.
Le ReCyF reprend lui-même une logique de proportionnalité et l’ANSSI indique que le niveau d’effort attendu est adapté à la maturité et aux ressources de l’entité.
Le plan d’action n’est pas une annexe facultative.
Dans la partie « gestion de la conformité », le ReCyF prévoit qu’un plan soit établi, mis en œuvre et suivi afin de corriger les écarts. Pour chaque action, il demande au minimum un responsable et une échéance raisonnable.
Je recommande d’aller légèrement plus loin :
| Champ | Exemple |
| Exigence | 13.2-EI/EE |
| Écart | Aucun test de restauration démontré |
| Action | Réaliser un test de restauration |
| Priorité | Haute |
| Responsable | Responsable infrastructure |
| Contributeur | Prestataire IT |
| Échéance | 30/09/2026 |
| Statut | À faire |
| Preuve attendue | Rapport du test |
| Critère de clôture | Restauration réussie et anomalies traitées |
L’échéance de l’exemple est illustrative : elle ne correspond pas à un délai réglementaire ReCyF.
La direction n’a généralement pas besoin de parcourir chaque exigence pendant le comité de restitution.
Elle doit pouvoir comprendre :
Le ReCyF demande, pour l’audit de sécurité relevant de son objectif 17, que le rapport présente notamment une synthèse du niveau de conformité et de sécurité, les non-conformités ou vulnérabilités identifiées ainsi que les recommandations correspondantes.
Cette structure constitue également une bonne base pour une restitution interne de préparation.
Pour chaque exigence, utilisez un statut explicite.
Une grille opérationnelle peut être :
| Statut | Signification |
| Conforme | L’exigence est satisfaite et suffisamment démontrée |
| Non conforme | Un ou plusieurs éléments attendus ne sont pas satisfaits |
| Non évalué | L’évaluation n’a pas permis de conclure |
| Mesure alternative | Un autre moyen est utilisé et documenté |
| Hors périmètre / non applicable | Situation documentée et justifiée |
Cette nomenclature est une proposition de méthode. Le ReCyF n’impose pas ce libellé de statuts.
Une subtilité est importante : non évalué n’est pas conforme.
Et :
absence de preuve ≠ preuve automatique d’absence de la mesure.
La conclusion peut être :
« Mise en œuvre déclarée mais non démontrée dans le cadre de l’évaluation. »
C’est beaucoup plus rigoureux qu’une extrapolation.
Pour le pilotage, une organisation peut ajouter une note.
Par exemple :
| Score | Niveau | Interprétation |
| 0 | Inexistant / non démontré | Aucun dispositif suffisamment établi |
| 1 | Initié | Pratique existante mais informelle ou partielle |
| 2 | Défini | Dispositif défini et mis en œuvre avec preuves |
| 3 | Maîtrisé | Dispositif contrôlé et suivi régulièrement |
| 4 | Optimisé | Dispositif durable, mesuré et amélioré |
Ce barème n’est pas une notation officielle ReCyF ou ANSSI.
Il s’agit d’un modèle de pilotage que le consultant ou l’organisation peut appliquer de manière constante.
Cette distinction doit apparaître dans le rapport :
Conformité ReCyF : Non conforme
Maturité interne : 2/4
Les deux informations peuvent coexister.
Une organisation peut avoir une pratique relativement mature mais manquer un élément précis requis par le référentiel.
Prenons trois domaines :
Une moyenne de 2,3/4 peut sembler rassurante.
Elle ne doit pas masquer la faiblesse importante concernant les accès privilégiés.
Un dashboard devrait donc toujours afficher en parallèle :
Le score sert à communiquer une tendance, pas à remplacer l’analyse.
Plutôt que créer un immense dossier « preuves NIS2 », préparez les preuves par objectif et exigence.
Voici une checklist pratique.
| Domaine ReCyF | Exemples de preuves à examiner |
| Gouvernance | PSSI, RACI, décisions de direction, compte rendu de comité |
| Écosystème | Inventaire fournisseurs, contrats, clauses sécurité, cartographie |
| Ressources humaines | Charte, onboarding/offboarding, sensibilisation, formations |
| Maîtrise du SI | Inventaire, cartographie, procédure de patch management |
| Accès physiques | Gestion des badges, visiteurs, zones sensibles |
| Architecture | Schémas, matrices de flux, règles de filtrage |
| Accès distants | Configuration VPN, authentification, MFA |
| Codes malveillants | Console antivirus/EDR, couverture, alertes |
| Identités et accès | Comptes, habilitations, revues périodiques |
| Administration | Comptes dédiés, architecture d’administration |
| Incidents | Procédure, registre, tickets, analyses de causes |
| Continuité | Sauvegardes, tests de restauration, PCA/PRA |
| Gestion de crise | Procédure, contacts, exercices, RETEX |
| Risques | Méthode, analyse, acceptations, traitement |
| Audits | Programme, rapports, constats, corrections |
| Configuration | Standards de durcissement, contrôles de configuration |
| Supervision | Sources de logs, alertes, règles et rétention |
Ce tableau est une checklist d’audit proposée, dérivée de la nature des mesures publiées dans le ReCyF ; il ne s’agit pas d’une liste officielle de pièces justificatives imposée par l’ANSSI. Le référentiel contient par exemple des exigences précises concernant les revues d’accès, les tests de sauvegarde, la conservation de certains éléments relatifs aux incidents et les audits de sécurité.
Pour chaque élément, notez :
Évitez :
« Capture MFA »
Préférez :
« Export de la console d’administration du 3 août 2026 démontrant l’activation du MFA sur les comptes du périmètre X. »
L’auditeur peut alors déterminer ce que la preuve démontre réellement — et ce qu’elle ne démontre pas.
Chaque constat devrait répondre à sept questions.
| Élément | Question |
| Critère | Que demande ReCyF ? |
| Périmètre | Où l’exigence a-t-elle été évaluée ? |
| Observation | Qu’avons-nous constaté ? |
| Preuve | Sur quoi repose cette conclusion ? |
| Écart | Que manque-t-il ? |
| Risque | Pourquoi est-ce important ? |
| Recommandation | Quel résultat doit être obtenu ? |
Évitez les formulations telles que :
« L’entreprise ne fait pas de gestion des accès. »
si vous avez simplement constaté l’absence d’une revue annuelle.
Préférez :
« L’attribution et la suppression des droits sont réalisées opérationnellement. En revanche, aucune revue périodique documentée des droits n’a pu être démontrée sur le périmètre examiné. »
La différence paraît mineure, mais elle change complètement la qualité du rapport.
Une méthode simple consiste à croiser impact et urgence.
| Priorité | Critère |
| P1 | Exposition ou risque important nécessitant un traitement rapide |
| P2 | Écart significatif à intégrer à la feuille de route |
| P3 | Formalisation, optimisation ou amélioration moins urgente |
Ne déduisez pas automatiquement cette priorité du niveau de maturité.
Ajoutez quatre questions :
1. Le SI concerné supporte-t-il une activité critique ?
2. La faiblesse augmente-t-elle directement l’exposition à un incident ?
3. Existe-t-il déjà une mesure compensatoire crédible ?
4. D’autres actions dépendent-elles de celle-ci ?
Cela permet de distinguer :
« documenter une politique déjà appliquée »
de :
« mettre en place une protection aujourd’hui inexistante sur un SI critique ».
Les deux peuvent produire une non-conformité, mais pas nécessairement la même priorité de traitement.
Un dashboard ReCyF de direction devrait rester très court.
| Indicateur | Utilité |
| Couverture de l’évaluation | Savoir ce qui a réellement été examiné |
| Exigences conformes | Vision de la situation démontrée |
| Exigences non conformes | Volume des écarts |
| Non évaluées | Identifier les zones d’incertitude |
| Maturité globale | Indicateur interne de progression |
| P1 ouvertes | Décisions urgentes |
| Actions en retard | Qualité du pilotage |
| Prochaine revue | Maintien dans le temps |
Ajoutez ensuite trois blocs.
Trois à cinq pratiques existantes.
Pas vingt lignes : les cinq sujets qui nécessitent réellement l’attention de la direction.
Par exemple :
Le comité devient alors un outil de gouvernance et non une présentation de scores.
Prenons une exigence très concrète.
Le ReCyF prévoit des tests au moins annuels des processus de sauvegarde et de restauration afin notamment de vérifier la bonne réalisation des sauvegardes et leur capacité de restauration.
Le responsable informatique explique :
les serveurs sont sauvegardés chaque nuit par le prestataire et les jobs sont surveillés quotidiennement.
Aucun compte rendu de restauration ou autre preuve d’un test annuel n’a pu être présenté.
Non conforme sur l’exigence de test de restauration.
La bonne exécution quotidienne des sauvegardes ne suffit pas à démontrer que la restauration a été testée.
2/4 — Défini
Les sauvegardes sont structurées et opérationnelles, mais leur effectivité en situation de restauration n’est pas suffisamment contrôlée.
Cette note est une appréciation interne, pas un score ANSSI.
Réaliser un test de restauration sur un périmètre représentatif, documenter le résultat et définir une fréquence de test pérenne.
| Champ | Exemple |
| Responsable | Responsable infrastructure |
| Contributeur | Prestataire IT |
| Priorité | P1 |
| Échéance | À définir selon le risque |
| Preuve attendue | Rapport de restauration |
| Clôture | Test réussi ou anomalies corrigées |
Voilà la différence entre poser une question et réaliser une évaluation défendable.
Le ReCyF demande lui-même de raisonner à partir des activités, services et systèmes d’information. Une évaluation sans périmètre précis produit des réponses difficilement défendables.
ReCyF ne fournit pas dans sa version publiée sur MesServicesCyber de barème de maturité 0-4 ou de score sur 100. Un score ajouté par l’organisation doit être clairement identifié comme un outil interne de pilotage.
Une personne peut connaître la procédure sans qu’elle soit formalisée, appliquée partout ou contrôlée.
Croisez les entretiens avec des éléments examinables et, lorsque nécessaire, des tests.
La formulation « non démontré » est souvent plus rigoureuse.
L’audit doit rapporter ce qu’il a effectivement pu observer.
Une capture datant de deux ans ne démontre pas nécessairement la configuration d’aujourd’hui.
Plusieurs écarts peuvent avoir la même cause racine.
Par exemple :
Un seul chantier IAM correctement conçu peut traiter plusieurs exigences.
ReCyF comporte des exigences techniques, organisationnelles et opérationnelles. Un document ne suffit donc pas toujours à démontrer la mise en œuvre de la mesure. Les dispositions ReCyF sur les accès, les sauvegardes, l’administration ou les audits illustrent cette nécessité d’examiner également l’effectivité.
Le référentiel est encore présenté comme un document de travail. Enregistrer la version utilisée est donc essentiel pour comparer deux évaluations dans le temps.
Une évaluation ReCyF complète devrait produire au minimum :
Avec périmètre, version du référentiel, hypothèse EI/EE et limites.
Elle précise quelles exigences ont été évaluées et pourquoi.
Elle relie chaque exigence aux entretiens, preuves, constats et conclusions.
Il permet de retrouver les éléments sans nécessairement les dupliquer dans le rapport.
Avec :
Le ReCyF prévoit explicitement dans son approche de conformité un plan destiné à corriger les écarts, avec au minimum un responsable et une échéance pour chaque action.
Pour conserver les reports, acceptations, mesures alternatives et arbitrages.
La conformité ne doit pas devenir une photographie oubliée après la remise du rapport.
CompliKey peut servir de couche de pilotage pour structurer une évaluation ReCyF autour du même cycle :
référentiel → mesure → audit → preuve → score → constat → remédiation → action.
Les exigences peuvent être organisées dans un référentiel dédié plutôt que maintenues dans plusieurs fichiers d’audit.
Cela facilite l’utilisation d’une méthode commune entre plusieurs évaluations.
L’audit permet d’attribuer une notation, de documenter les observations et de restituer les résultats de manière homogène.
Il faut néanmoins conserver dans la méthodologie une distinction claire :
le score de maturité CompliKey est un indicateur de pilotage ; il ne constitue pas une notation officielle ReCyF.
Les preuves peuvent être référencées au niveau des mesures afin de conserver le lien entre :
ce qui est demandé et ce qui permet de le démontrer.
Cela évite qu’un dossier documentaire séparé devienne impossible à rapprocher du dernier audit.
Les remédiations permettent de prolonger l’évaluation au-delà du rapport.
Le consultant ou le RSSI peut ainsi suivre les actions, responsables et échéances plutôt que reconstruire un nouveau fichier après chaque audit.
Une nouvelle évaluation peut ensuite servir à mesurer les progrès et à vérifier si les mesures précédemment insuffisantes sont désormais démontrées.
CompliKey ne réalise pas automatiquement :
Or le ReCyF prévoit explicitement, pour l’audit de sécurité applicable aux EE dans son objectif 17, des activités techniques ou organisationnelles pouvant aller au-delà d’une évaluation de maturité.
La plateforme aide donc à structurer, démontrer et suivre l’évaluation. Elle ne remplace pas l’auditeur ni les contrôles techniques nécessaires.
Un audit ReCyF utile ne consiste pas à ajouter une colonne « oui/non » devant chaque exigence.
La méthode robuste consiste à :
Cette approche répond d’ailleurs directement à la logique du ReCyF : maintenir une analyse des écarts et un plan de traitement piloté dans le temps.
Le point essentiel est de ne pas inventer une conformité à partir d’un score. Le score facilite le pilotage ; les exigences, les preuves et les constats permettent de défendre l’évaluation.
Le ReCyF ne fournit pas, dans sa version actuellement publiée sur MesServicesCyber, de barème officiel de maturité sur 4 ou sur 5. Pour l’évaluation, il est préférable de conserver d’abord un statut de conformité par exigence. Une échelle de maturité peut être ajoutée pour le pilotage interne, à condition d’en définir précisément les niveaux et de mentionner qu’elle ne constitue pas une notation ANSSI.
Il n’existe pas une pièce justificative unique par objectif. Les preuves dépendent de la formulation de l’exigence : politiques approuvées, procédures, inventaires, configurations, exports, comptes rendus de revue, rapports de tests ou journaux peuvent être nécessaires. Certaines mesures ReCyF exigent explicitement des contrôles périodiques ou la conservation d’éléments démontrables, par exemple pour les revues des droits, les tests de sauvegarde ou certains traitements d’incidents.
Une organisation peut réaliser une évaluation interne de sa situation par rapport au ReCyF afin d’identifier ses écarts et de préparer son plan d’action. Il ne faut cependant pas la confondre avec l’audit de sécurité décrit dans l’objectif 17 du ReCyF pour les entités essentielles, dont l’objectif est notamment d’évaluer de manière indépendante la conformité et le niveau de sécurité et qui peut nécessiter des activités d’audit technique.
La conformité répond à la question : l’exigence évaluée est-elle satisfaite ? La maturité cherche plutôt à déterminer si la pratique est seulement initiée ou si elle est définie, appliquée, contrôlée et durable. Le ReCyF structure une analyse de conformité et des écarts, mais ne publie pas dans sa version en ligne un modèle de score de maturité. La maturité doit donc être présentée comme une couche de pilotage complémentaire.
Il ne faut pas l’affirmer ainsi aujourd’hui. Au 11 août 2026, l’ANSSI présente toujours ReCyF comme un document de travail et indique que la transposition française de NIS2 est en cours. ReCyF rassemble les mesures actuellement recommandées par l’Agence pour atteindre les objectifs de sécurité de NIS2 et constitue donc un excellent cadre de préparation, mais le résultat d’une auto-évaluation ne vaut pas automatiquement constat officiel de conformité.
Pour chaque écart, définissez l’action attendue, sa priorité, son responsable, son échéance et la preuve permettant de vérifier sa clôture. Regroupez les exigences partageant une même cause racine pour éviter des dizaines d’actions redondantes. Le ReCyF prévoit lui-même, dans son volet de gestion de la conformité, qu’un plan d’action soit maintenu pour corriger les écarts avec au minimum un responsable et une échéance raisonnable.
Structurez vos exigences ReCyF, vos audits de maturité, vos preuves, vos constats et vos actions dans un même environnement de suivi.
Lancer une évaluation ReCyF structurée dans CompliKey