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ReCyF ANSSI : quelles preuves préparer pour réussir un audit NIS2 ?

Par AlexV
Le 27/07/2026

ReCyF ANSSI : quelles preuves préparer pour chaque objectif NIS2 ?


Le Référentiel Cyber France, ou ReCyF, aide les organisations françaises à traduire les objectifs de sécurité de NIS2 en mesures plus opérationnelles.

Mais une fois le référentiel lu, une question reste entière :

Quelles preuves faut-il réellement présenter pour démontrer que les mesures sont appliquées ?

Une politique de sécurité ne suffit pas toujours. Elle décrit ce que l’organisation prévoit de faire, mais ne prouve pas nécessairement que les mesures sont mises en œuvre, suivies et maintenues.

Pour préparer une conformité ReCyF défendable, il faut généralement réunir plusieurs niveaux de preuve :

  1. les règles définies ;
  2. leur mise en œuvre technique ou organisationnelle ;
  3. les contrôles réalisés ;
  4. les résultats obtenus ;
  5. les écarts identifiés ;
  6. les décisions et actions correctives ;
  7. l’historique des revues.

L’objectif n’est pas d’accumuler des documents. Il est de pouvoir relier chaque objectif ReCyF à des éléments récents, contextualisés et vérifiables.


Le ReCyF impose-t-il une liste précise de preuves ?

Non.

La version 2.5 du ReCyF, publiée comme document de travail le 17 mars 2026, présente vingt objectifs de sécurité et des moyens acceptables de conformité proposés par l’ANSSI.

Elle ne fournit pas, pour chaque mesure, une liste exhaustive de documents à produire.

Une organisation peut donc utiliser différentes preuves selon :

  1. son activité ;
  2. son architecture ;
  3. son statut d’entité importante ou essentielle ;
  4. son niveau de maturité ;
  5. les moyens acceptables de conformité retenus ;
  6. les solutions alternatives qu’elle met en œuvre ;
  7. le périmètre du système d’information évalué.

La bonne preuve n’est pas nécessairement un document formel. Il peut aussi s’agir d’un export, d’un journal, d’un ticket, d’un rapport de test, d’une configuration ou d’un compte rendu de décision.


À quoi reconnaît-on une preuve ReCyF solide ?

Une preuve utile doit répondre à plusieurs questions.

Que démontre-t-elle ?

Elle doit être rattachée à une mesure précise. Une politique générale de cybersécurité ne peut pas prouver à elle seule que les sauvegardes sont testées ou que les comptes sont régulièrement revus.

Quel périmètre couvre-t-elle ?

La preuve doit préciser les systèmes, entités, sites, applications ou populations concernés.

De quand date-t-elle ?

Une preuve trop ancienne peut ne plus représenter la situation actuelle.

Qui l’a produite ou validée ?

Son propriétaire et, lorsque cela est pertinent, son approbateur doivent être identifiables.

Quel résultat montre-t-elle ?

Elle doit permettre de distinguer une mesure réellement appliquée d’une simple intention.

Quels écarts restent ouverts ?

Une preuve peut être valable tout en montrant une couverture partielle. L’écart doit alors être documenté et suivi.


Les quatre niveaux de preuve à réunir

Pour chaque objectif, une organisation peut rechercher quatre catégories complémentaires.

NiveauCe qu’il démontreExemples
GouvernanceLa règle et les responsabilités sont définiesPolitique, procédure, RACI, décision
Mise en œuvreLa mesure est effectivement déployéeConfiguration, inventaire, contrat, export
ContrôleSon application est vérifiéeRevue, audit, test, journal
AméliorationLes écarts sont traitésPlan d’action, ticket, arbitrage, réévaluation

Une politique accompagnée d’une preuve de mise en œuvre et d’une revue récente sera toujours plus crédible qu’un document isolé.


Quelles preuves préparer pour les 20 objectifs du ReCyF ?

Les objectifs 1 à 15 concernent, dans la version de travail actuelle, les entités importantes et les entités essentielles. Les objectifs 16 à 20 prévoient des attentes supplémentaires pour les entités essentielles.

Les exemples ci-dessous constituent une grille de préparation. Ils doivent être adaptés aux mesures applicables et au périmètre réel de l’organisation.

Objectif 1 : recensement des systèmes d’information

L’organisation doit connaître les activités et services concernés, ainsi que les systèmes d’information qui les supportent.

Preuves à préparer

  1. cartographie des activités et services ;
  2. inventaire des applications, serveurs, équipements et environnements cloud ;
  3. liste des propriétaires métiers et techniques ;
  4. cartographie des dépendances ;
  5. liste des prestataires associés ;
  6. classification des systèmes selon leur criticité ;
  7. décisions d’inclusion ou d’exclusion du périmètre ;
  8. date de dernière revue de l’inventaire ;
  9. historique des modifications.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

L’inventaire est suffisamment complet, attribué à des responsables et actualisé après les changements significatifs.

Objectif 2 : cadre de gouvernance de la sécurité numérique

Cet objectif couvre la responsabilité de la direction, les rôles, les politiques, la gestion de la conformité et le suivi des actions.

Preuves à préparer

  1. politique de sécurité approuvée ;
  2. décision ou lettre de désignation du responsable sécurité ;
  3. organigramme et matrice RACI ;
  4. fiches de rôle ;
  5. comptes rendus de comités cyber ;
  6. objectifs de sécurité validés ;
  7. tableau d’analyse de conformité ReCyF ;
  8. registre des écarts ;
  9. plan d’action avec responsables et échéances ;
  10. arbitrages et acceptations de risques ;
  11. synthèses présentées à la direction ;
  12. historique des revues de gouvernance.

Point de vigilance

Le ReCyF prévoit explicitement une analyse de conformité par système d’information et un plan d’action suivi dans la durée. Un fichier évaluant les mesures sans responsable ni échéance restera insuffisant.

Objectif 3 : maîtrise de l’écosystème

L’organisation doit maîtriser les risques associés à ses prestataires, fournisseurs et partenaires.

Preuves à préparer

  1. registre des fournisseurs ;
  2. identification des prestataires critiques ;
  3. critères de criticité ;
  4. évaluations de sécurité ;
  5. questionnaires fournisseurs ;
  6. clauses contractuelles de cybersécurité ;
  7. engagements de notification d’incident ;
  8. clauses de réversibilité et de continuité ;
  9. attestations ou rapports d’audit disponibles ;
  10. comptes rendus de revues fournisseurs ;
  11. suivi des écarts contractuels ;
  12. plans de sortie ou mesures compensatoires.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les fournisseurs les plus sensibles sont connus, évalués avant ou pendant la relation, et suivis selon leur niveau de risque.

Objectif 4 : intégration de la sécurité dans les ressources humaines

Cet objectif couvre les arrivées, mobilités, départs, engagements de confidentialité et formations adaptées.

Preuves à préparer

  1. procédure d’arrivée, mobilité et départ ;
  2. checklist d’onboarding et d’offboarding ;
  3. tickets de création et suppression des comptes ;
  4. registre des habilitations ;
  5. engagements de confidentialité ;
  6. charte informatique signée ;
  7. programme de sensibilisation ;
  8. listes de participation ;
  9. résultats des campagnes de phishing ;
  10. formations dédiées aux fonctions IT ou sécurité ;
  11. preuve de restitution du matériel ;
  12. contrôle de désactivation des accès après départ.

Point de vigilance

Une procédure RH n’est pas suffisante sans traces montrant qu’elle est appliquée sur des cas réels.

Objectif 5 : maîtrise des systèmes d’information

L’organisation doit maîtriser les ressources de ses systèmes, leur cycle de vie, leur maintenance et les versions utilisées.

Preuves à préparer

  1. inventaire technique ;
  2. versions des systèmes et logiciels ;
  3. propriétaires des actifs ;
  4. règles d’acquisition et de mise en production ;
  5. procédure de maintien en condition opérationnelle et de sécurité ;
  6. rapports de correctifs ;
  7. tickets de mise à jour ;
  8. liste des logiciels en fin de support ;
  9. décisions concernant les systèmes obsolètes ;
  10. mesures compensatoires ;
  11. procédures de retrait ou de remplacement ;
  12. suivi des vulnérabilités affectant les actifs.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

L’organisation sait quels systèmes sont supportés, lesquels sont obsolètes et comment les risques associés sont traités.

Objectif 6 : maîtrise des accès physiques

Cet objectif concerne la protection des locaux, salles techniques et équipements sensibles.

Preuves à préparer

  1. politique de sécurité physique ;
  2. plan des zones sensibles ;
  3. liste des personnes autorisées ;
  4. registre des badges ;
  5. historique des accès ;
  6. revues périodiques des droits physiques ;
  7. procédure visiteurs ;
  8. registre des interventions externes ;
  9. preuves d’accompagnement des prestataires ;
  10. rapports de contrôle des dispositifs physiques ;
  11. traitement des anomalies ou badges non restitués.

Point de vigilance

La liste des badges actifs doit pouvoir être rapprochée des collaborateurs et prestataires réellement autorisés.

Objectif 7 : sécurisation de l’architecture des systèmes d’information

L’objectif vise notamment le cloisonnement, le filtrage, la protection des flux et la maîtrise de l’architecture.

Preuves à préparer

  1. schémas d’architecture à jour ;
  2. matrices de flux ;
  3. règles de filtrage ;
  4. configurations de pare-feu ;
  5. documentation de segmentation réseau ;
  6. description des zones de confiance ;
  7. décisions d’architecture ;
  8. revues des règles de filtrage ;
  9. rapports de scans réseau ;
  10. tests de cloisonnement ;
  11. règles de chiffrement des flux ;
  12. plans de correction des écarts d’architecture.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les flux autorisés correspondent aux besoins réels, les zones sont correctement séparées et les règles sont régulièrement revues.

Objectif 8 : sécurisation des accès distants

L’organisation doit maîtriser les accès externes au système d’information.

Preuves à préparer

  1. politique d’accès distant ;
  2. liste des solutions VPN ou accès cloud ;
  3. liste des utilisateurs autorisés ;
  4. configuration MFA ;
  5. règles d’accès conditionnel ;
  6. journaux de connexion ;
  7. revue des accès distants ;
  8. procédure d’accès prestataire ;
  9. échéances des accès temporaires ;
  10. configuration des équipements distants ;
  11. alertes liées aux connexions anormales ;
  12. preuves de suppression des accès inutiles.

Point de vigilance

Une licence MFA ne démontre pas que l’authentification forte est effectivement imposée à l’ensemble du périmètre concerné.

Objectif 9 : protection contre les codes malveillants

Cet objectif couvre la prévention, la détection et le traitement des logiciels malveillants.

Preuves à préparer

  1. politique de protection des postes et serveurs ;
  2. inventaire des équipements couverts ;
  3. rapports antivirus, EPP ou EDR ;
  4. taux de déploiement ;
  5. configuration des protections ;
  6. procédure de traitement des alertes ;
  7. historique des alertes analysées ;
  8. tickets de remédiation ;
  9. règles de filtrage des pièces jointes ;
  10. dispositifs de contrôle des supports amovibles ;
  11. rapports de revue de couverture ;
  12. traitement des équipements non protégés.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les outils sont réellement déployés, supervisés et associés à une procédure de réaction.

Objectif 10 : gestion des identités et des accès utilisateurs

L’organisation doit maîtriser la création, l’attribution, la modification, la revue et la suppression des droits.

Preuves à préparer

  1. politique de contrôle d’accès ;
  2. procédure de gestion des habilitations ;
  3. matrice des rôles ;
  4. liste des comptes ;
  5. export des droits ;
  6. validation des managers ;
  7. comptes rendus de revues périodiques ;
  8. tickets de correction ;
  9. liste des comptes inactifs ou orphelins ;
  10. couverture MFA ;
  11. règles relatives aux comptes partagés ;
  12. preuve de suppression après départ ;
  13. journal des exceptions et mesures compensatoires.

Point de vigilance

La preuve la plus forte n’est pas seulement la procédure : c’est la trace d’une revue récente, avec les écarts détectés et corrigés.

Objectif 11 : maîtrise de l’administration des systèmes d’information

L’objectif vise les comptes, postes, flux et pratiques d’administration.

Preuves à préparer

  1. liste des administrateurs ;
  2. inventaire des comptes privilégiés ;
  3. justification des privilèges ;
  4. comptes d’administration séparés des comptes bureautiques ;
  5. politique de gestion des accès privilégiés ;
  6. configuration MFA ;
  7. journaux d’administration ;
  8. revues des comptes privilégiés ;
  9. coffres-forts de mots de passe ou solutions PAM ;
  10. procédures d’intervention des prestataires ;
  11. tickets d’administration ;
  12. preuves de limitation des accès ;
  13. règles de protection des secrets.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les privilèges sont nominatifs, limités, protégés, traçables et régulièrement contrôlés.

Objectif 12 : identification et réaction aux incidents de sécurité

L’organisation doit savoir détecter, qualifier, traiter, documenter et signaler les incidents.

Preuves à préparer

  1. procédure de gestion des incidents ;
  2. critères de qualification ;
  3. matrice d’escalade ;
  4. liste des contacts internes et externes ;
  5. fiches réflexes ;
  6. registre des incidents ;
  7. tickets et chronologies ;
  8. journaux techniques ;
  9. rapports d’analyse ;
  10. décisions de notification ;
  11. communications réalisées ;
  12. preuves de conservation des traces ;
  13. retours d’expérience ;
  14. plans d’amélioration après incident.

Point de vigilance

Le ReCyF mentionne explicitement la conservation de relevés techniques. L’organisation doit s’assurer qu’ils restent disponibles même si l’incident affecte le système qui les produit.

Objectif 13 : continuité et reprise d’activité

Cet objectif couvre les sauvegardes, la restauration, la continuité et la reprise des systèmes importants.

Preuves à préparer

  1. politique de sauvegarde ;
  2. périmètre des systèmes sauvegardés ;
  3. fréquence et durée de conservation ;
  4. architecture des sauvegardes ;
  5. preuve d’isolement ou d’immutabilité ;
  6. rapports d’exécution ;
  7. traitement des échecs ;
  8. comptes rendus de tests de restauration ;
  9. PRA ou procédures de reprise ;
  10. objectifs de reprise ;
  11. ordre de redémarrage des services ;
  12. résultats des exercices ;
  13. actions issues des tests.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les sauvegardes existent, sont protégées et peuvent effectivement être restaurées dans des conditions compatibles avec les besoins métiers.

Objectif 14 : réaction aux crises d’origine cyber

L’organisation doit être capable de coordonner une crise dépassant le traitement technique courant d’un incident.

Preuves à préparer

  1. plan de gestion de crise cyber ;
  2. composition de la cellule de crise ;
  3. rôles et suppléants ;
  4. annuaire d’urgence ;
  5. procédures d’activation ;
  6. scénarios de crise ;
  7. stratégie de communication ;
  8. modèles de messages ;
  9. moyens de communication de secours ;
  10. procédures d’isolement et de reconstruction ;
  11. journaux de crise ;
  12. décisions et arbitrages ;
  13. retours d’expérience.

Point de vigilance

La gestion de crise doit prévoir l’indisponibilité possible des moyens habituels de communication et des outils internes.

Objectif 15 : exercices, tests et entraînements

L’organisation doit vérifier que ses dispositifs fonctionnent et que les personnes savent les utiliser.

Preuves à préparer

  1. programme annuel d’exercices ;
  2. calendrier des tests ;
  3. scénarios utilisés ;
  4. liste des participants ;
  5. objectifs de l’exercice ;
  6. compte rendu ;
  7. résultats observés ;
  8. écarts identifiés ;
  9. retour d’expérience ;
  10. plan d’amélioration ;
  11. responsables et échéances ;
  12. preuve de clôture des actions précédentes.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les exercices produisent des enseignements concrets et les améliorations décidées sont suivies dans le temps.


Objectifs complémentaires pour les entités essentielles

Objectif 16 : approche par les risques

Les entités essentielles doivent structurer une analyse de risques adaptée à leurs systèmes d’information.

Preuves à préparer

  1. méthode d’analyse des risques ;
  2. critères d’impact et de vraisemblance ;
  3. analyses par système ou périmètre ;
  4. scénarios de risque ;
  5. actifs et événements redoutés ;
  6. mesures existantes ;
  7. risques résiduels ;
  8. décisions de traitement ;
  9. acceptations de risques ;
  10. plan de traitement ;
  11. approbation par les responsables ;
  12. dates de revue ;
  13. réévaluations après incident ou changement majeur.

Point de vigilance

Une analyse de risques n’est pas un document figé. Elle doit évoluer avec le contexte technique, métier et organisationnel.

Objectif 17 : audit de la sécurité des systèmes d’information

Les entités essentielles doivent programmer des audits réguliers et planifiés.

Preuves à préparer

  1. programme pluriannuel d’audit ;
  2. méthode de priorisation des périmètres ;
  3. lettres de mission ;
  4. compétences et indépendance des auditeurs ;
  5. périmètre et critères de chaque audit ;
  6. rapports d’audit ;
  7. résultats de tests d’intrusion ;
  8. audits de configuration, d’architecture ou de code ;
  9. constats de non-conformité ;
  10. recommandations ;
  11. plans d’action ;
  12. responsables et échéances ;
  13. preuves de clôture ;
  14. audits de suivi.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les audits couvrent progressivement les systèmes selon leur criticité et débouchent sur des remédiations réellement suivies.

Objectif 18 : sécurisation de la configuration des ressources

L’objectif vise la réduction de la surface d’attaque et le maintien de configurations sécurisées.

Preuves à préparer

  1. standards de durcissement ;
  2. configurations de référence ;
  3. règles de gestion des changements ;
  4. listes des services et logiciels autorisés ;
  5. rapports de conformité de configuration ;
  6. scans de ports et de vulnérabilités ;
  7. revues de pare-feu ;
  8. gestion des écarts aux standards ;
  9. tickets de correction ;
  10. approbation des exceptions ;
  11. rapport de revue annuelle ;
  12. historique des changements.

Point de vigilance

Le ReCyF recommande une revue annuelle des configurations pour vérifier l’application des mesures de sécurisation.

Objectif 19 : administration depuis des ressources dédiées

Les entités essentielles doivent renforcer la séparation et la protection des activités d’administration.

Preuves à préparer

  1. architecture d’administration ;
  2. inventaire des postes d’administration ;
  3. règles d’usage ;
  4. configuration des postes dédiés ;
  5. liste des administrateurs autorisés ;
  6. filtrage des flux d’administration ;
  7. authentification forte ;
  8. chiffrement des communications ;
  9. journaux d’activité ;
  10. restrictions de navigation et de messagerie ;
  11. contrôles de conformité ;
  12. tests de cloisonnement ;
  13. suivi des exceptions.

Ce qu’il faut pouvoir démontrer

Les opérations sensibles ne sont pas réalisées depuis des postes bureautiques ordinaires sans protections et séparation adaptées.

Objectif 20 : supervision de la sécurité des systèmes d’information

L’entité essentielle doit collecter, analyser et exploiter les événements nécessaires à la détection des activités malveillantes.

Preuves à préparer

  1. stratégie de journalisation ;
  2. liste des sources collectées ;
  3. architecture de supervision ;
  4. règles de détection ;
  5. durées de conservation ;
  6. synchronisation horaire ;
  7. matrice des responsabilités ;
  8. rapports SOC ou prestataire ;
  9. alertes analysées ;
  10. tickets d’investigation ;
  11. indicateurs de détection ;
  12. revues de couverture ;
  13. tests de règles ;
  14. procédures de signalement ;
  15. preuves de protection des journaux.

Point de vigilance

La présence d’un SIEM ou d’un prestataire SOC ne suffit pas. Il faut pouvoir démontrer que les alertes pertinentes sont effectivement analysées et traitées.


Tableau synthétique des preuves par objectif

Objectif ReCyFPreuves principales
1. Recensement des SIInventaire, cartographie, périmètre, responsables
2. GouvernancePSSI, RACI, comités, analyse de conformité, plan d’action
3. ÉcosystèmeRegistre fournisseurs, évaluations, contrats, revues
4. Ressources humainesProcédures RH, habilitations, formations, départs
5. Maîtrise des SIInventaire technique, correctifs, versions, obsolescence
6. Accès physiquesBadges, autorisations, journaux, revues
7. ArchitectureSchémas, matrices de flux, filtrage, tests
8. Accès distantsVPN, MFA, utilisateurs autorisés, journaux
9. Codes malveillantsCouverture EDR, alertes, traitement
10. Identités et accèsComptes, droits, revues, MFA, corrections
11. AdministrationComptes privilégiés, journaux, PAM, revues
12. IncidentsProcédure, registre, chronologie, rapports, REX
13. ContinuitéSauvegardes, restaurations, PRA, tests
14. Crise cyberPlan de crise, annuaire, communications, exercices
15. ExercicesProgramme, scénarios, comptes rendus, améliorations
16. RisquesMéthode, analyses, risques résiduels, décisions
17. AuditsProgramme, rapports, constats, remédiations
18. ConfigurationsStandards, scans, revues, exceptions
19. Administration dédiéePostes dédiés, architecture, filtrage, journaux
20. SupervisionSources, règles, alertes, investigations, couverture


Comment gérer la fraîcheur des preuves ?

Toutes les preuves ne vieillissent pas à la même vitesse.

Preuves relativement stables

  1. politique approuvée ;
  2. procédure ;
  3. méthode d’analyse ;
  4. architecture générale ;
  5. contrat.

Elles doivent néanmoins être revues après une évolution majeure ou selon une fréquence définie.

Preuves périodiques

  1. revue des accès ;
  2. rapport de correctifs ;
  3. test de restauration ;
  4. audit ;
  5. exercice de crise ;
  6. évaluation fournisseur ;
  7. analyse de risques.

Elles doivent comporter une date de prochaine revue.

Preuves dynamiques

  1. journaux ;
  2. alertes ;
  3. inventaires techniques ;
  4. versions ;
  5. vulnérabilités ;
  6. comptes actifs ;
  7. état de déploiement d’un outil.

Ces éléments doivent être actualisés beaucoup plus régulièrement.

Une bonne gestion des preuves doit donc enregistrer :

  1. la date de production ;
  2. la date de validation ;
  3. la prochaine échéance ;
  4. le propriétaire ;
  5. le périmètre ;
  6. le statut : valide, à revoir, expirée ou absente.


Comment préparer un audit ou un contrôle ReCyF ?

La préparation peut suivre une méthode simple.

1. Définir le périmètre

Identifiez les systèmes et activités concernés, ainsi que le statut EI ou EE envisagé.

2. Sélectionner les mesures applicables

Toutes les mesures ne produisent pas nécessairement les mêmes attentes selon la catégorie d’entité.

3. Rattacher au moins une preuve à chaque mesure déclarée en place

Une mesure sans preuve doit être considérée comme déclarative ou à confirmer.

4. Vérifier la qualité de chaque preuve

Contrôlez sa date, son périmètre, son propriétaire et ce qu’elle démontre réellement.

5. Documenter les mesures alternatives

Si l’organisation ne suit pas un moyen acceptable de conformité du ReCyF, elle doit expliquer la solution retenue et la manière dont elle atteint l’objectif.

6. Ouvrir les écarts

Une preuve partielle ne doit pas être masquée. Elle doit conduire à une action, un responsable et une échéance.

7. Conserver l’historique

Gardez les versions précédentes, les décisions et les preuves de correction pour démontrer la progression.


Les erreurs les plus fréquentes

Accumuler des documents sans rattachement

Un dossier contenant cent fichiers ne constitue pas une démonstration structurée.

Utiliser uniquement des politiques

Les politiques montrent l’intention. Les journaux, rapports, tests et revues montrent l’exécution.

Présenter des preuves hors périmètre

Une configuration couvrant le siège ne prouve pas que les filiales ou environnements cloud sont également couverts.

Ne pas dater les éléments

Une preuve sans date ne permet pas de juger sa fraîcheur.

Confondre déploiement et efficacité

Un EDR installé ne prouve pas que les alertes sont analysées. Une sauvegarde exécutée ne prouve pas qu’elle peut être restaurée.

Fermer un écart sans preuve de clôture

Une tâche marquée « terminée » doit être associée au résultat obtenu.

Ne pas documenter les décisions de direction

Les reports, acceptations de risques et arbitrages budgétaires doivent rester traçables.


Là où CompliKey peut aider

Le principal défi n’est pas seulement de produire les preuves. Il est de les relier aux bonnes mesures et de les maintenir dans le temps.

CompliKey permet notamment de :

  1. intégrer le ReCyF dans un espace de pilotage ;
  2. évaluer chaque mesure ;
  3. suivre son niveau de maturité ;
  4. rattacher les preuves correspondantes ;
  5. identifier les preuves manquantes ou à actualiser ;
  6. visualiser les écarts ;
  7. créer les tâches de remédiation ;
  8. désigner les responsables ;
  9. suivre les échéances ;
  10. conserver l’historique des évaluations.

CompliKey ne remplace pas les outils techniques qui génèrent les journaux, les rapports de vulnérabilités ou les sauvegardes. Les preuves peuvent être référencées par des liens vers les espaces où elles sont conservées.

L’objectif est de disposer d’une vue claire :

objectif ReCyF → mesure → état de maîtrise → preuve → écart → action

Cette organisation facilite les audits, les revues internes et la préparation d’un éventuel contrôle NIS2.


En bref

Une preuve ReCyF ne se limite pas à une politique ou à une déclaration.

Pour chaque objectif, l’organisation doit idéalement pouvoir présenter :

  1. la règle définie ;
  2. le responsable ;
  3. la mise en œuvre ;
  4. le résultat d’un contrôle ;
  5. les écarts ;
  6. les actions correctives ;
  7. l’historique des revues.

Les preuves peuvent prendre de nombreuses formes :

  1. politiques ;
  2. procédures ;
  3. inventaires ;
  4. configurations ;
  5. journaux ;
  6. rapports ;
  7. tests ;
  8. tickets ;
  9. comptes rendus ;
  10. décisions de direction.

La meilleure preuve est celle qui est récente, contextualisée, rattachée à une mesure précise et capable de démontrer une application réelle.


FAQ

Quelles preuves faut-il fournir pour le ReCyF ?

Le ReCyF ne fixe pas une liste fermée. Les preuves peuvent inclure des politiques, inventaires, configurations, journaux, rapports de test, comptes rendus, tickets et décisions, selon la mesure concernée.

Une politique de sécurité suffit-elle ?

Rarement à elle seule. Elle doit généralement être complétée par des preuves de mise en œuvre, de contrôle et de traitement des écarts.

Faut-il une preuve pour chaque mesure ReCyF ?

Toute mesure déclarée mise en œuvre devrait être soutenue par un ou plusieurs éléments vérifiables. Les mesures non applicables ou alternatives doivent être justifiées.

Combien de temps une preuve reste-t-elle valable ?

Cela dépend de sa nature. Une politique peut rester valable plus longtemps qu’un export de comptes ou un rapport de vulnérabilités. Chaque preuve devrait avoir une date de revue adaptée.

Les objectifs 16 à 20 concernent-ils toutes les entités ?

Dans la version 2.5 du ReCyF, ces objectifs complémentaires sont prévus pour les entités essentielles. Les objectifs 1 à 15 concernent les entités importantes et essentielles.

Peut-on réutiliser des preuves ISO 27001 ?

Oui, si leur contenu, leur date et leur périmètre couvrent réellement la mesure ReCyF. Une correspondance entre référentiels ne garantit pas automatiquement que la preuve est suffisante.

Comment démontrer une mesure alternative ?

Il faut documenter la mesure retenue, justifier son efficacité au regard de l’objectif de sécurité et conserver les preuves permettant de vérifier sa mise en œuvre.


Conclusion

La préparation au ReCyF ne doit pas se transformer en collecte massive de documents.

Le vrai objectif est de construire une démonstration cohérente :

objectif → mesure appliquée → preuve récente → contrôle → écart → remédiation

Cette logique permet de répondre à la question centrale d’un audit NIS2 :

Pouvez-vous démontrer que vos mesures existent, fonctionnent et sont maintenues dans le temps ?

Les organisations qui structurent dès maintenant leurs preuves gagneront en efficacité lors des audits, mais aussi dans leur pilotage quotidien. Elles sauront plus facilement ce qui est réellement maîtrisé, ce qui reste déclaratif et ce qui doit encore être corrigé.

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