Une exigence ReCyF ne devrait pas devenir directement une case « fait / pas fait » dans un tableur. Le référentiel décrit un résultat de sécurité attendu ; l’organisation doit ensuite déterminer les mesures concrètes permettant de l’atteindre, les actions nécessaires, les responsables, les preuves qui permettront de démontrer son application et les indicateurs utiles pour vérifier qu’elle reste maîtrisée.
Une méthode opérationnelle consiste à suivre cette chaîne :
exigence → mesure → sous-actions → responsable → preuve → maturité → KPI
Par exemple, l’exigence ReCyF 13.2-EI/EE demande de tester au minimum une fois par an les processus de sauvegarde et de restauration. Cela ne devient réellement pilotable qu’après avoir défini les systèmes à tester, planifié les tests, attribué leur réalisation, conservé leurs résultats et suivi leur couverture dans le temps.
Depuis le 17 mars 2026, l’ANSSI met à disposition le Référentiel Cyber France - ReCyF, qui liste les mesures qu’elle recommande pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS2. À ce jour, le ReCyF est toujours présenté par l’ANSSI comme un document de travail dans le contexte de la transposition française.
Le référentiel ne se limite pas à une liste abstraite de thèmes.
Il organise notamment :
Un identifiant comme :
13.2-EI/EE
permet par exemple de comprendre que la mesure relève de l’objectif 13 consacré à la continuité et à la reprise d’activité et qu’elle est attendue pour les entités importantes comme essentielles.
Depuis mars 2026, l’ANSSI propose également sur MesServicesCyber un comparateur permettant notamment de rapprocher les exigences ReCyF :
L’objectif annoncé est de faciliter l’appropriation de ReCyF par les organisations déjà engagées dans d’autres démarches de sécurisation.
Et depuis le 7 septembre 2026, l’ANSSI publie également une collection de fiches « ReCyF en pratique », destinée à éclairer la mise en œuvre des principales mesures de gestion des risques. Ces fiches sont organisées autour de cinq rubriques : Défense, Protection, Gouvernance, Résilience et Obligations NIS2.
Le mouvement est donc clair :
le référentiel dit ce qui est attendu ; il reste ensuite à organiser sa mise en œuvre dans l’organisation.
C’est probablement la distinction la plus importante.
Prenons :
13.2-EI/EE - l’entité s’assure que les processus de sauvegarde et de restauration sont testés au minimum une fois par an.
L’objectif est également de vérifier la bonne réalisation des sauvegardes et leur capacité de restauration.
Créer directement une tâche :
Tester les sauvegardesest insuffisant.
Pourquoi ?
Parce que cette ligne ne précise pas :
L’exigence décrit l’état attendu.
Le plan d’action doit décrire comment l’atteindre.
Voici le modèle général.
| Niveau | Question | Exemple |
| Exigence ReCyF | Que demande le référentiel ? | Tester sauvegarde et restauration au moins annuellement |
| Mesure | Quel contrôle devons-nous réellement maintenir ? | Programme de tests de restauration |
| Sous-actions | Que faut-il mettre en œuvre ? | Inventorier, planifier, tester, corriger |
| Responsable | Qui répond du contrôle ? | Responsable infrastructure |
| Preuves | Comment démontrer sa mise en œuvre ? | Rapports de tests |
| Maturité | À quel niveau le processus est-il maîtrisé ? | Défini / maîtrisé / etc. |
| KPI | Comment suivre sa performance ? | % des systèmes critiques testés |
| Réévaluation | Quand vérifier à nouveau ? | Annuellement ou après changement important |
Cette structure peut être appliquée à la plupart des exigences organisationnelles ou techniques du ReCyF.
Partons maintenant d’une seule exigence et transformons-la en dispositif réellement exploitable.
L’objectif 13 porte sur la continuité et la reprise d’activité.
La mesure 13.2-EI/EE prévoit que l’organisation s’assure que ses processus de sauvegarde et de restauration sont testés au minimum une fois par an, notamment afin de vérifier la bonne réalisation des sauvegardes et leur restauration.
L’exigence s’applique dans le ReCyF 2.5 aussi bien aux EI qu’aux EE.
Une formulation exploitable de la mesure pourrait être :
Tester périodiquement la capacité de restauration des sauvegardes couvrant les systèmes et données du périmètre.
La mesure est volontairement différente d’une tâche.
Elle décrit un contrôle qui doit continuer à exister dans le temps.
Une tâche possède une date de fin.
Une mesure doit rester maintenue.
Mesure :
Faire un test de sauvegarde avant décembre.
Une fois la tâche clôturée, la mesure semble terminée.
Mesure :
Maintenir un processus de tests périodiques de sauvegarde et de restauration.
Puis :
Tâche :
Réaliser le test de restauration 2026.
L’année suivante, une nouvelle occurrence est créée sans reconstruire la mesure.
Une exigence relativement courte peut nécessiter plusieurs actions.
Pour 13.2-EI/EE, une organisation pourrait utiliser la séquence suivante.
| Sous-action | Résultat attendu |
| A1 - Identifier le périmètre | Liste des systèmes et données devant être testés |
| A2 - Définir le scénario de test | Nature, périmètre et résultat attendu |
| A3 - Planifier les tests | Dates et responsables |
| A4 - Réaliser la restauration | Test effectivement exécuté |
| A5 - Vérifier le résultat | Données ou systèmes restaurés et exploitables |
| A6 - Documenter les anomalies | Échecs et limites identifiés |
| A7 - Corriger les anomalies | Actions de remédiation suivies |
| A8 - Planifier la prochaine occurrence | Pérennité du contrôle |
Cette décomposition n’est pas imposée telle quelle par le ReCyF.
Elle transforme simplement l’objectif du référentiel en processus opérationnel.
L’ANSSI recommande plus largement que les sauvegardes soient testées régulièrement et qu’une procédure de restauration du SI soit rédigée et effectivement mise en œuvre.
Une exigence sans propriétaire devient facilement :
« sujet sécurité ».
Le responsable doit être la personne ou la fonction qui répond du maintien de la mesure.
Dans notre exemple :
Responsable de la mesure : responsable infrastructure
Contributeur : prestataire de sauvegarde
Validation du test : RSSI ou responsable sécurité
Sponsor en cas de blocage : DSI
Il est utile de distinguer :
Il garantit que le contrôle existe dans le temps.
Il réalise une action particulière.
Il vérifie que le résultat peut être accepté.
Ces rôles peuvent parfois être tenus par la même personne dans une petite PME.
Ils doivent néanmoins rester conceptuellement distincts.
La question essentielle est :
Qu’est-ce qui permettra, lors du prochain audit, de démontrer que l’exigence a été réellement appliquée ?
Pour notre exemple, une politique de sauvegarde ne suffit pas.
Elle démontre que le processus est prévu.
L’exigence 13.2 porte sur le test effectif des processus de sauvegarde et de restauration.
| Preuve | Ce qu’elle démontre |
| Politique ou procédure | Le test est prévu |
| Calendrier des tests | Le contrôle est planifié |
| Rapport de restauration | Le test a été exécuté |
| Capture / export de la solution | Données techniques du test |
| Résultat de validation | Le système ou les données restaurés fonctionnent |
| Tickets d’anomalies | Les problèmes détectés sont suivis |
| Nouvelle configuration | Une anomalie a été corrigée |
Une preuve de qualité doit toujours rester reliée à ce qu’elle permet réellement de conclure.
Rapport de test de restauration ERP - 17 juin 2026 - sauvegarde du 16 juin restaurée dans un environnement isolé - intégrité vérifiée - durée : 2 h 14 - une anomalie détectée et ticketée sous INC-247.
Cette preuve est beaucoup plus exploitable que :
capture_backup.pngLe ReCyF ne fournit pas, dans sa version 2.5, une échelle officielle de maturité 0 à 4 ou 1 à 5 pour chacune de ses exigences.
Il faut donc éviter d’écrire :
« Maturité ReCyF officielle : 3/4 »
si ce barème provient de votre propre méthode.
Une organisation peut néanmoins ajouter un indicateur de maturité pour suivre la progression de la mesure.
| Niveau | Interprétation |
| 0 - Inexistant | Aucun test réalisé ou organisé |
| 1 - Initié | Tests ponctuels, méthode informelle |
| 2 - Défini | Périmètre et processus formalisés, test démontré |
| 3 - Maîtrisé | Tests planifiés, résultats suivis, anomalies traitées |
| 4 - Optimisé | Couverture pilotée, tendances suivies et processus amélioré |
Cette grille est un outil de pilotage interne.
Elle ne modifie pas le contenu de l’exigence ANSSI.
Parce qu’une organisation peut être :
conforme à l’exigence
mais posséder un processus encore relativement peu mature.
Exemple :
un test annuel a bien été effectué et démontre la capacité de restauration.
L’exigence est satisfaite.
Mais :
Le score de maturité peut alors aider à poursuivre l’amélioration sans inventer une nouvelle non-conformité.
Une mesure ne doit pas nécessairement posséder dix indicateurs.
Un bon KPI doit permettre de détecter :
Pour notre exigence de sauvegarde, plusieurs indicateurs sont possibles.
| KPI | Calcul | Utilité |
| Couverture des tests | Systèmes testés / systèmes devant être testés | Vérifier le périmètre |
| Respect du calendrier | Tests réalisés dans les délais / tests prévus | Vérifier la régularité |
| Taux de réussite | Tests réussis / tests réalisés | Suivre l’efficacité |
| Ancienneté du dernier test | Jours depuis le dernier test | Détecter les retards |
| Anomalies ouvertes | Nombre d’anomalies non corrigées | Suivre les problèmes |
| Temps moyen de restauration | Durée moyenne des tests | Mesurer la performance si pertinent |
L’organisation possède dix systèmes considérés comme critiques.
Huit ont fait l’objet du test prévu.
Couverture = 8 / 10 = 80 %.
Deux systèmes restent donc à examiner.
L’indicateur permet immédiatement de détecter une faiblesse que le simple statut :
« test de restauration réalisé »
aurait masquée.
C’est une distinction particulièrement utile.
| Élément | Question |
| Preuve | Pouvez-vous démontrer que le contrôle a été réalisé ? |
| Maturité | Dans quelle mesure le processus est-il structuré et maîtrisé ? |
| KPI | Que nous disent les données sur son fonctionnement actuel ? |
Prenons :
Rapport de test du 17 juin.
3/4 - processus planifié et contrôlé.
80 % des systèmes critiques testés dans les douze derniers mois.
Les trois informations sont complémentaires.
Aucune ne remplace les deux autres.
Voici une fiche directement réutilisable.
| Champ | Exemple |
| Référentiel | ReCyF v2.5 |
| Exigence | 13.2-EI/EE |
| Objectif | Continuité et reprise d’activité |
| Exigence synthétique | Tester sauvegarde et restauration au moins annuellement |
| Mesure opérationnelle | Maintenir un programme de tests de restauration |
| Périmètre | Systèmes et données concernés |
| Responsable | Responsable infrastructure |
| Contributeurs | MSP / administrateurs |
| Sous-actions | Inventorier, planifier, tester, corriger |
| Preuves attendues | Rapports de tests + anomalies |
| Fréquence | Minimum annuel selon l’exigence |
| Maturité interne | 0 à 4 |
| KPI principal | % du périmètre testé |
| KPI secondaire | Nombre d’anomalies ouvertes |
| Prochaine revue | Selon calendrier |
| Remédiations | Actions issues des échecs de test |
Cette fiche constitue une véritable unité de pilotage GRC.
Non.
C’est précisément l’un des pièges à éviter.
Un référentiel peut contenir plusieurs exigences qui dépendent du même chantier.
Prenons par exemple les mesures de sauvegarde de l’objectif 13.
Le ReCyF prévoit notamment :
13.1-EI/EE : procédures de sauvegarde et restauration ;13.2-EI/EE : tests au minimum annuels ;13.3-EI/EE : protection des sauvegardes contre un incident les rendant inutilisables ;13.5-EI/EE : dimensionnement des mécanismes selon les besoins de disponibilité.Il serait artificiel de créer quatre projets totalement indépendants.
Une PME peut plutôt construire un chantier :
Chaque action reste liée aux exigences qu’elle contribue à satisfaire.
On évite ainsi :
1 exigence = 1 tâche
tout en conservant la traçabilité réglementaire.
C’est l’autre erreur classique.
Une exigence comme :
« tester les processus de sauvegarde et de restauration »
ne se résume pas toujours à :
« faire un test ».
Pour une organisation qui ne possède encore aucune démarche structurée, il peut être nécessaire de :
Une seule exigence ReCyF peut donc générer plusieurs sous-actions.
Le comparateur publié par l’ANSSI permet de rapprocher les exigences ReCyF d’autres cadres, notamment ISO 2700X et l’annexe au règlement d’exécution (UE) 2024/2690.
C’est extrêmement utile pour éviter de reconstruire une démarche déjà existante.
Mais il faut éviter une conclusion trop rapide :
« Nous appliquons ISO 27001, donc toutes les exigences ReCyF correspondantes sont déjà satisfaites. »
Une correspondance entre référentiels signifie avant tout :
ces exigences traitent de sujets suffisamment proches pour être comparées.
Elle ne démontre pas automatiquement que :
Pour chaque correspondance :
1. Identifier le contrôle déjà existant.
2. Examiner les exigences ReCyF correspondantes.
3. Comparer les périmètres et résultats attendus.
4. Réutiliser les actions et preuves communes.
5. Créer uniquement les compléments nécessaires.
La mutualisation doit se faire au niveau des mesures et des preuves, pas en déclarant artificiellement une conformité équivalente.
Oui, et c’est même l’un des principaux avantages d’un pilotage multi-référentiels correctement structuré.
Exemple :
un rapport de test de restauration peut contribuer à démontrer :
Il serait inutile de dupliquer quatre fois le même fichier.
La bonne architecture devient :
une preuve → plusieurs mesures correspondantes
à condition d’indiquer clairement ce que la preuve démontre pour chacune.
Une preuve commune ne signifie pas nécessairement que tous les contrôles sont satisfaits.
Elle peut couvrir :
L’évaluation doit rester distincte.
Le RSSI ne doit pas devenir propriétaire de l’intégralité du ReCyF.
Selon les mesures, les responsables pourront être :
| Domaine | Responsable possible |
| Sauvegardes | Infrastructure |
| Habilitations | IAM / IT |
| Ressources humaines | RH |
| Fournisseurs | Achats / DSI |
| Incidents | RSSI / exploitation |
| Continuité | Direction / métiers / IT |
| Sensibilisation | RSSI + RH |
| Politiques | RSSI |
| Risques | Direction / RSSI / métiers |
Le RSSI ou le consultant peut :
Mais la mise en œuvre doit rester distribuée dans l’organisation.
Une bonne feuille de route ne classe pas automatiquement les exigences de 1.1 à 21.x.
Elle regroupe les actions selon les chantiers réellement nécessaires.
Chaque action conserve ensuite ses liens avec les mesures ReCyF auxquelles elle contribue.
On obtient ainsi à la fois :
une feuille de route lisible pour la direction
et
une traçabilité précise pour l’audit.
Le score doit rester séparé du référentiel.
Une approche robuste consiste à évaluer quatre dimensions.
La mesure existe-t-elle réellement ?
Peut-on démontrer sa mise en œuvre ?
Est-elle suivie avec des responsabilités et des contrôles ?
Le dispositif peut-il continuer à fonctionner sans dépendre d’une action ponctuelle ?
Une organisation peut alors construire sa propre échelle.
| Niveau | Lecture |
| 0 | Mesure inexistante |
| 1 | Mise en œuvre initiale ou informelle |
| 2 | Mesure définie et démontrée |
| 3 | Mesure suivie et maîtrisée |
| 4 | Mesure durable et améliorée |
Cette notation peut être utile pour :
Elle ne doit jamais être présentée comme une note officielle de l’ANSSI.
L’erreur consiste à ajouter un indicateur à toutes les exigences simplement parce qu’un champ « KPI » existe.
Certains contrôles n’en nécessitent aucun.
Un KPI est pertinent lorsqu’il aide réellement à prendre une décision.
Quelle part du périmètre est effectivement couverte ?
Exemple :
98 % des comptes privilégiés protégés par MFA.
Les activités prévues sont-elles réalisées dans les délais ?
Exemple :
4 revues des habilitations réalisées sur 4 prévues.
Le contrôle produit-il le résultat attendu ?
Exemple :
93 % des tests de restauration réussis sans anomalie majeure.
Les problèmes détectés sont-ils effectivement corrigés ?
Exemple :
2 anomalies de sauvegarde ouvertes, dont 1 hors délai.
Cette logique transforme la conformité en pilotage.
Prenons une revue trimestrielle des accès.
Compte rendu de la revue du troisième trimestre.
Elle démontre qu’une activité a eu lieu.
100 % des comptes privilégiés ont été examinés ; 6 anomalies détectées ; 5 corrigées dans le délai défini.
Il synthétise le résultat.
Le KPI ne remplace pas la preuve.
Une valeur :
100 %sans population, source ou élément vérifiable ne permet pas à elle seule de démontrer la conformité.
Inversement, conserver cinquante rapports sans indicateur peut rendre le pilotage inutilement difficile.
La direction n’a pas besoin de consulter chaque identifiant du référentiel.
Le travail consiste à agréger progressivement les données.
Exigence
→ 13.2-EI/EE
Mesure
→ programme de tests de restauration
KPI opérationnel
→ couverture des tests : 80 %
Risque
→ deux applications critiques encore non testées
Action
→ tests programmés pour octobre
Dashboard direction
→ Résilience : attention - couverture restauration incomplète
Le dashboard ne remplace pas la traçabilité détaillée.
Il en constitue la synthèse.
Le même modèle peut être appliqué à l’écosystème.
Le ReCyF 3.B.2-EI/EE prévoit que l’entité vérifie périodiquement la conformité de la prestation informatique aux obligations auxquelles elle est assujettie.
Vérifier périodiquement la conformité des prestations.
Maintenir un processus de revue des fournisseurs informatiques critiques.
Responsable achats ou DSI selon l’organisation.
1 : contrôles ponctuels
2 : processus défini
3 : revues périodiques et écarts suivis
4 : dispositif piloté et adapté au risque
Barème interne, non ANSSI.
La logique reste exactement la même.
Une mesure récurrente ne doit pas disparaître une fois la première action clôturée.
Séparez le contrôle permanent des tâches de mise en œuvre.
Le responsable ne saura toujours pas concrètement quoi faire.
Décomposez le résultat attendu.
Plusieurs exigences peuvent dépendre d’un même chantier.
Mutualisez les actions lorsque c’est pertinent.
Le RSSI coordonne.
Les responsables opérationnels doivent porter les mesures relevant de leur périmètre.
Un dossier contenant 150 documents n’est pas un système de conformité.
Chaque preuve doit contribuer à démontrer une ou plusieurs mesures précises.
Le comparateur facilite l’analyse.
Il ne remplace pas l’évaluation des différences de périmètre ou de profondeur.
Une note interne sur 4 peut faciliter le pilotage.
Elle ne modifie pas ce que demande ReCyF.
Un indicateur inutile génère du reporting sans décision.
Mesurez uniquement ce qui aide à détecter une dérive ou à arbitrer.
Une mesure récurrente doit continuer à être contrôlée après l’action initiale.
Une preuve ou un contrôle peut devenir obsolète après :
Voici un modèle générique réutilisable.
Référence ReCyF :
[ID]
Objectif de sécurité :
[objectif]
Texte ou synthèse de l’exigence :
[résultat attendu]
Applicabilité :
EI / EE / selon exigence
Mesure opérationnelle :
[contrôle permanent à maintenir]
Périmètre :
[SI / processus / population]
Responsable :
[fonction]
Sous-actions initiales :
[action][action][action]Preuves attendues :
[preuve 1][preuve 2]Fréquence :
[selon l’exigence et le risque]
Maturité interne :
[niveau + justification]
KPI :
[indicateur réellement utile]
Cible :
[objectif interne lorsque pertinent]
Dernière revue :
[date]
Prochaine revue :
[date]
Écarts :
[constats]
Actions de remédiation :
[liens vers tâches]
Cette fiche suffit à transformer une exigence statique en objet réellement pilotable.
Cette chaîne correspond directement à la philosophie de CompliKey :
le référentiel ne doit pas rester une checklist ; chaque exigence doit pouvoir devenir un objet de gouvernance suivi dans le temps.
Les exigences sont structurées dans le référentiel applicable.
Le consultant ou l’organisation peut ainsi conserver la référence ReCyF tout en travaillant sur une représentation plus opérationnelle de la mesure.
Une même mesure de sécurité peut contribuer à plusieurs cadres.
Par exemple, un processus de sauvegarde ne doit pas nécessairement être recréé séparément pour :
L’objectif est de mutualiser le contrôle opérationnel, puis de conserver ses correspondances avec les normes concernées.
Cette approche est cohérente avec l’intérêt même du comparateur publié par l’ANSSI pour aider les organisations déjà engagées dans ISO 2700X ou le règlement 2024/2690 à comprendre les correspondances avec ReCyF.
La mesure décrit l’état de sécurité recherché.
Les tâches permettent de gérer :
Une mesure ne disparaît pas lorsque ses tâches sont clôturées.
Les actions peuvent être affectées aux personnes chargées de leur réalisation.
Le pilotage GRC reste ainsi séparé de l’exécution opérationnelle.
Les preuves sont reliées aux mesures auxquelles elles contribuent.
CompliKey privilégie leur référencement par lien plutôt que la multiplication de copies de documents sensibles.
La relation devient :
mesure ReCyF → preuve → audit → conclusion.
Le consultant ou le RSSI peut appliquer une méthode homogène d’évaluation afin de suivre la progression.
Cette notation est une couche de pilotage CompliKey ou propre à l’organisation.
Elle ne doit pas être présentée comme un scoring officiel ReCyF.
Lorsqu’un audit montre qu’une mesure est :
le constat peut alimenter directement une remédiation puis des tâches.
La chaîne devient alors :
ReCyF → mesure → audit → preuve → constat → action → nouvelle preuve → réévaluation.
L’objectif n’est pas de créer automatiquement des dizaines de KPI.
Les indicateurs doivent permettre de répondre à des questions opérationnelles :
C’est cette continuité qui transforme un référentiel réglementaire en outil de gouvernance quotidien.
Un logiciel ne devrait pas décider seul :
« Cette exigence ReCyF est conforme. »
La conclusion dépend toujours :
De même, une correspondance automatique :
ReCyF ↔ ISO 27001
ne devrait pas entraîner :
« conforme dans les deux référentiels ».
La plateforme peut accélérer la mutualisation.
Elle ne doit pas supprimer l’analyse.
Le ReCyF devient réellement exploitable lorsqu’on cesse de le lire uniquement comme une liste d’exigences.
Pour chaque exigence, posez successivement sept questions :
Pour 13.2-EI/EE, la chaîne devient par exemple :
tester les restaurations → maintenir un programme de tests → planifier et exécuter les restaurations → responsable infrastructure → rapport de test → maturité du processus → taux de couverture des systèmes critiques.
Le ReCyF fournit le résultat de sécurité attendu.
Le rôle du dispositif GRC est ensuite de le transformer en :
responsabilités, travaux, preuves et décisions suivies dans le temps.
C’est à ce moment que le référentiel cesse d’être une checklist et devient un véritable système de pilotage.
Commencez par reformuler l’exigence sous la forme d’un contrôle permanent à maintenir, puis identifiez les écarts entre ce contrôle et la situation actuelle. Décomposez ces écarts en actions concrètes avec responsable, échéance et preuve attendue. Une exigence peut nécessiter plusieurs actions et, inversement, une même action peut contribuer à plusieurs exigences. Il faut donc éviter la règle simpliste « une exigence = une tâche ».
L’exigence ReCyF décrit le résultat attendu selon le référentiel. La mesure opérationnelle décrit le contrôle que l’organisation décide de maintenir pour atteindre ce résultat. Par exemple, l’exigence 13.2-EI/EE prévoit des tests annuels de sauvegarde et restauration ; la mesure peut être formulée comme « maintenir un programme de tests de restauration couvrant le périmètre concerné ». Les tâches correspondent ensuite aux actions nécessaires pour faire vivre cette mesure.
Le ReCyF 2.5 ne fournit pas une échelle générique officielle de maturité 0-4 ou 1-5 permettant de noter chacune de ses exigences. Une organisation ou un outil GRC peut ajouter son propre modèle afin de suivre la progression, mais il doit être présenté comme une méthode interne. La conformité à l’exigence et le score de maturité doivent rester deux informations distinctes.
Les preuves dépendent du résultat demandé. Il peut s’agir d’une politique, d’une configuration, d’un export, d’un compte rendu, d’un rapport de test ou d’un historique. Pour 13.2-EI/EE, une procédure montre que les tests sont prévus, mais le rapport de restauration permet de démontrer qu’ils ont effectivement eu lieu. Une même preuve peut contribuer à plusieurs référentiels lorsqu’elle répond réellement à leurs critères.
Non. Le comparateur permet de rapprocher ReCyF d’ISO 2700X et de l’annexe au règlement d’exécution 2024/2690 afin de faciliter l’analyse des organisations déjà engagées dans ces cadres. Une correspondance ne démontre pas automatiquement que les périmètres, fréquences, niveaux de détail ou preuves sont équivalents. Il faut vérifier les écarts avant de réutiliser un contrôle existant.
Il n’existe pas un catalogue universel de KPI ReCyF à associer systématiquement à chaque exigence. Choisissez des indicateurs qui permettent de détecter une dérive : taux de couverture, respect d’une fréquence, résultat du contrôle ou nombre d’actions en retard. Pour un test de restauration, le pourcentage de systèmes critiques testés dans la période constitue par exemple un KPI plus utile qu’un simple statut « test effectué ».
Structurez les mesures, tâches, responsables, preuves, niveaux de maturité et remédiations dans un même environnement.
Transformer les exigences ReCyF en mesures pilotables avec CompliKey
13.1-EI/EE à 13.7-EE sur la continuité et les sauvegardes ainsi que 3.B.2-EI/EE sur la vérification périodique des prestations informatiques.