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NIS2 : quels livrables remettre à une PME ?

Par AlexV
Le 24/08/2026

NIS2 : quel livrable un consultant doit-il remettre à une PME ?

Un bon livrable NIS2 ne devrait pas être un rapport PDF isolé. À l’issue de la mission, la PME doit disposer d’un dossier permettant de comprendre son périmètre, retrouver les exigences évaluées et leurs preuves, identifier les écarts, arbitrer les priorités et suivre les remédiations sans dépendre du consultant. Le socle utile comprend une note de cadrage, une analyse d’applicabilité, une matrice d’évaluation, un registre de preuves, un plan d’action, une feuille de route et une synthèse pour la direction. Le consultant produit l’analyse et accompagne les décisions ; la responsabilité de la gouvernance et de la mise en œuvre reste du côté de l’organisation.

Un rapport NIS2 seul ne suffit pas

Une mission NIS2 se termine encore trop souvent par un document de plusieurs dizaines de pages contenant :

  1. une présentation de la directive ;
  2. une note globale ;
  3. une liste d’écarts ;
  4. des recommandations ;
  5. quelques graphiques.

Le rapport peut être pertinent au moment de la restitution.

Le problème apparaît trois mois plus tard.

La PME doit alors retrouver :

  1. quelles mesures étaient réellement évaluées ;
  2. quelles preuves avaient été examinées ;
  3. quels systèmes étaient dans le périmètre ;
  4. quelles recommandations ont été acceptées ;
  5. qui devait les réaliser ;
  6. quelles échéances ont été décidées ;
  7. quelles actions ont depuis été clôturées ;
  8. comment leur efficacité doit être vérifiée.

Si toutes ces informations ne vivent que dans le rapport, la mission a produit une photographie mais pas un dispositif de pilotage.

La logique de NIS2 est pourtant continue. La directive impose aux entités concernées des mesures techniques, opérationnelles et organisationnelles appropriées et proportionnées à leurs risques. Elle prévoit également que les organes de direction approuvent les mesures de gestion des risques et supervisent leur mise en œuvre.

Le livrable doit donc permettre à l’organisation de passer :

diagnostic → décision → remédiation → preuve → suivi.

Une PME n’est pas automatiquement soumise à NIS2

Le titre « mission NIS2 pour une PME » mérite une précision importante.

Toutes les PME ne relèvent pas automatiquement du champ d’application de NIS2.

La directive vise principalement les entités appartenant aux secteurs de ses annexes I et II qui atteignent au moins la catégorie des entreprises moyennes, avec différentes exceptions permettant d’intégrer certaines entités quelle que soit leur taille.

L’ANSSI rappelle de son côté qu’il appartient à l’organisation de déterminer si elle entre dans le champ d’application, en prenant notamment en compte son activité, son secteur et les critères de taille.

Le premier livrable d’une mission sérieuse ne devrait donc pas être une matrice de conformité.

Il devrait être une analyse expliquant :

Pourquoi cette organisation est-elle considérée comme concernée, potentiellement concernée ou hors champ ?

Cette distinction protège à la fois le consultant et son client.

Le consultant ne « certifie » pas la conformité NIS2

Il faut également être prudent avec l’expression rapport conformité NIS2.

Une mission de conseil peut produire :

  1. une analyse d’applicabilité ;
  2. un diagnostic ;
  3. une analyse d’écart ;
  4. une évaluation au regard d’un référentiel donné ;
  5. une feuille de route de préparation.

Elle ne doit pas devenir une « certification NIS2 » improvisée.

En France, au 20 août 2026, l’ANSSI indique toujours que la transposition nationale se poursuit. Elle met depuis le 17 mars 2026 à disposition le ReCyF, présenté à ce stade comme un document de travail regroupant les mesures recommandées pour atteindre les objectifs de sécurité de NIS2.

Il est donc préférable qu’un consultant écrive :

« Évaluation réalisée au regard de la version 2.5 du ReCyF du 17 mars 2026 sur le périmètre défini dans le présent rapport. »

plutôt que :

« La société est conforme NIS2 à 82 %. »

La première formulation est vérifiable.

La seconde mélange une obligation juridique, un périmètre et un scoring qui n’est pas défini par la directive.


Les 10 livrables d’une mission NIS2 exploitable

Il n’est pas nécessaire de produire dix fichiers différents.

Plusieurs éléments peuvent être regroupés dans une même plateforme ou dans quelques documents cohérents.

Ce qui compte est que les dix fonctions restent couvertes.

1. Une note de cadrage

La note de cadrage fixe le contrat méthodologique de la mission.

Elle doit préciser :

  1. l’objectif de l’intervention ;
  2. les interlocuteurs ;
  3. les hypothèses ;
  4. le référentiel utilisé ;
  5. la version de ce référentiel ;
  6. les méthodes de collecte ;
  7. les exclusions ;
  8. le calendrier ;
  9. les responsabilités ;
  10. les limites de l’évaluation.

Exemple

Objectif

Évaluer le niveau de préparation de l’organisation aux exigences de cybersécurité envisagées dans le cadre de NIS2 et construire un plan de remédiation.

Méthode

Entretiens, revue documentaire et examen d’éléments de preuve. Aucun test d’intrusion ni audit technique approfondi n’est inclus dans la mission.

Référentiel

ReCyF version 2.5 du 17 mars 2026.

Limite

Le diagnostic ne constitue ni une certification ni une décision de l’ANSSI concernant le statut ou la conformité de l’entité.

Cette page évite de nombreuses ambiguïtés lors de la restitution.

2. Une analyse d’applicabilité

L’analyse d’applicabilité explique pourquoi NIS2 est étudiée pour cette organisation.

Elle peut prendre la forme d’une fiche synthétique :

CritèreAnalyse
Entité juridiqueSociété X
Activité principaleÀ documenter
Secteur NIS2 potentielSecteur / sous-secteur identifié
ImplantationFrance / UE
EffectifDonnée validée par le client
CA / bilanDonnées nécessaires à l’analyse
Relations capitalistiquesÀ prendre en compte selon la définition applicable
Cas particuliersÀ documenter
ConclusionPotentiellement EE / EI / hors champ / à confirmer
SourceDirective et ressources officielles utilisées
HypothèsesExplicitement indiquées

La conclusion doit être accompagnée des hypothèses qui la rendent valable.

Une organisation peut par exemple changer :

  1. de taille ;
  2. d’activité ;
  3. de structure de groupe ;
  4. de statut réglementaire.

L’analyse n’est donc pas nécessairement valable indéfiniment.

Attention au terme « PME »

La directive NIS2 applique notamment son champ aux entreprises moyennes des secteurs concernés ou aux entreprises dépassant les seuils correspondants, tout en prévoyant plusieurs exceptions indépendantes de la taille.

Un consultant ne devrait donc jamais utiliser :

« PME = NIS2 »

comme règle de qualification.

3. Une cartographie du périmètre

Une fois l’applicabilité étudiée, il faut déterminer sur quoi porteront les mesures.

Un périmètre NIS2 utile ne se résume pas à :

« Le SI de l’entreprise ».

Il doit identifier :

  1. activités et services ;
  2. processus critiques ;
  3. applications ;
  4. infrastructures ;
  5. sites ;
  6. environnements cloud ;
  7. prestataires ;
  8. systèmes mutualisés ;
  9. responsables ;
  10. dépendances importantes.

Le ReCyF 2.5 commence précisément par un objectif de recensement des activités, services et systèmes d’information qui les supportent. Il prévoit également que le périmètre soit maintenu dans le temps.

Exemple de structure

ServiceSI associésPropriétairePrestataireCriticité
Vente en ligneSite, IAM, ERPDirection commercialeHébergeurÉlevée
FacturationERP, sauvegardeDAFIntégrateurÉlevée
MessagerieMicrosoft 365DSIMicrosoft / MSPMoyenne
RHSIRHDRHÉditeur SaaSMoyenne

Ce tableau devient ensuite le point de référence permettant de comprendre à quoi correspondent les conclusions de l’audit.

4. Une matrice d’évaluation des mesures

C’est le cœur du diagnostic NIS2.

Elle doit permettre de remonter de chaque conclusion jusqu’à :

  1. l’exigence ;
  2. le périmètre ;
  3. les personnes interrogées ;
  4. les éléments examinés ;
  5. le constat ;
  6. l’écart ;
  7. la conclusion.

Une matrice minimale peut contenir :

ChampUtilité
IdentifiantRetrouver l’exigence
ObjectifRegrouper les mesures
ExigenceCritère évalué
ApplicabilitéOui / non / à confirmer
PérimètreSI concerné
ObservationSituation constatée
PreuvesÉléments examinés
ConclusionConforme / écart / non évalué
MaturitéIndicateur interne éventuel
RecommandationRésultat attendu
ActionRemédiation décidée

Le ReCyF demande à l’entité de maintenir, pour chaque système d’information, une analyse de conformité identifiant les écarts entre les mesures mises en œuvre et les mesures du référentiel.

La matrice d’évaluation est donc beaucoup plus utile qu’une simple colonne :

Oui / Non / Partiel.

5. Un registre des preuves

Une mission NIS2 devrait également produire un inventaire des éléments qui permettent de démontrer les pratiques observées.

La preuve peut être :

  1. une politique ;
  2. une procédure ;
  3. une configuration ;
  4. un export ;
  5. un registre ;
  6. un ticket ;
  7. un contrat ;
  8. un compte rendu ;
  9. une analyse de risques ;
  10. un rapport d’exercice ;
  11. un historique de sauvegarde ;
  12. un test de restauration.

Structure recommandée

ID preuveIntituléMesureDateCe qu’elle démontreLocalisationStatut
PR-001Export MFAGestion accès12/08/2026Couverture MFA du périmètre M365SharePoint clientValidée
PR-002Procédure incidentsIncidents2025Processus définiGEDÀ revoir
PR-003Rapport restaurationContinuitéNon disponibleManquante

La dernière ligne est importante.

Le registre doit permettre de distinguer :

  1. preuve disponible ;
  2. preuve insuffisante ;
  3. preuve obsolète ;
  4. preuve attendue ;
  5. preuve non fournie.

Ne pas créer automatiquement une « data room NIS2 »

Centraliser toutes les pièces sensibles dans un nouvel outil n’est pas toujours la meilleure solution.

Une alternative consiste à conserver les documents dans les systèmes documentaires du client et à enregistrer seulement :

  1. leur référence ;
  2. leur propriétaire ;
  3. leur emplacement ;
  4. leur date ;
  5. leur relation avec les mesures.

Cette approche limite les copies et permet au client de conserver sa gouvernance documentaire existante.

Pour certains secteurs numériques directement concernés par le règlement d’exécution européen 2024/2690, l’ENISA fournit d’ailleurs depuis 2025 des orientations techniques comprenant des exemples d’éléments de preuve. Cette guidance est utile, mais son périmètre sectoriel ne doit pas être généralisé à toutes les entités NIS2.

6. Un registre des écarts

Un bon diagnostic sépare les preuves des écarts.

Chaque constat peut contenir :

  1. critère ;
  2. périmètre ;
  3. observation ;
  4. preuve examinée ;
  5. élément manquant ;
  6. risque ;
  7. qualification ;
  8. recommandation.

Exemple

Critère

L’organisation doit disposer d’un processus permettant de gérer les incidents de sécurité.

Observation

Une intervention du prestataire IT est organisée lorsqu’un incident survient. Aucun processus interne n’identifie cependant les rôles, les niveaux d’escalade ou les modalités de documentation.

Preuves

  1. contrat du prestataire ;
  2. trois tickets d’incident ;
  3. entretien avec le responsable informatique.

Écart

La gestion existe opérationnellement, mais n’est pas suffisamment structurée pour garantir une réponse homogène et une traçabilité dans le temps.

Recommandation

Formaliser le processus, les responsabilités et un registre minimal des incidents.

Cette formulation est plus exploitable que :

« Incident management : 40 % ».

7. Une priorisation des remédiations

Toutes les non-conformités ne doivent pas être traitées dans l’ordre du référentiel.

La directive demande des mesures appropriées et proportionnées au risque, en prenant notamment en compte :

  1. l’état de l’art ;
  2. le coût de mise en œuvre ;
  3. l’exposition aux risques ;
  4. la taille ;
  5. la probabilité ;
  6. la gravité potentielle des incidents.

Le consultant doit donc transformer la liste des écarts en priorités de sécurisation.

Une grille simple peut être :

PrioritéLogique
P1Risque significatif, exposition importante ou prérequis essentiel
P2Écart significatif à traiter dans la feuille de route proche
P3Formalisation ou amélioration pouvant être programmée après les sujets prioritaires

La priorité ne doit pas être calculée exclusivement depuis le score de maturité.

Un processus informel à faible risque peut être moins urgent qu’un accès administrateur exposé sans MFA.

8. Une feuille de route

La feuille de route transforme les recommandations en engagements pilotables.

Pour chaque action :

ChampExemple
IDNIS2-ACT-014
Écart d’origineGestion des privilèges
ActionGénéraliser le MFA aux comptes administrateurs
PrioritéP1
ResponsableResponsable infrastructure
ContributeursMSP
ÉchéanceÀ valider
Effort3 JH estimés
BudgetÀ chiffrer
DépendanceInventaire des comptes
StatutÀ faire
Preuve de clôtureExport de la couverture MFA
ContrôleRevue des comptes privilégiés

Le ReCyF 2.5 prévoit explicitement un plan d’action maintenu dans le temps pour corriger les écarts. Il demande au minimum une échéance raisonnable et un responsable pour chaque action.

Organiser la feuille de route par chantier

Une PME comprend mieux :

« Structurer les identités et les accès »

que dix-sept petites actions IAM indépendantes.

Regroupez donc les remédiations en chantiers :

  1. gouvernance ;
  2. gestion des risques ;
  3. identités et accès ;
  4. sécurité opérationnelle ;
  5. incidents ;
  6. continuité ;
  7. prestataires ;
  8. sensibilisation ;
  9. audits et contrôles.

Conservez néanmoins les liens avec chaque exigence.

Le regroupement simplifie le pilotage sans perdre la traçabilité.

9. Une synthèse destinée à la direction

Le dirigeant ne devrait pas avoir à lire la matrice complète pour prendre une décision.

La synthèse peut tenir sur deux à quatre pages.

Elle doit répondre à sept questions :

  1. Pourquoi avons-nous réalisé cette mission ?
  2. Sommes-nous potentiellement concernés par NIS2 ?
  3. Quel périmètre a réellement été évalué ?
  4. Quels sont nos principaux points forts ?
  5. Quels sont nos cinq écarts les plus importants ?
  6. Quelle trajectoire proposons-nous ?
  7. Quelles décisions attendons-nous de la direction ?

Cette restitution est particulièrement importante dans NIS2.

L’article 20 de la directive prévoit que les organes de direction des entités essentielles et importantes approuvent les mesures de gestion des risques prises au titre de l’article 21 et supervisent leur mise en œuvre.

La direction ne doit donc pas recevoir uniquement une note de maturité.

Elle doit recevoir des décisions à prendre.

Exemple de synthèse

Situation

68 mesures analysées sur le périmètre retenu. Plusieurs dispositifs techniques existent mais leur gouvernance et leur démonstration restent hétérogènes.

Priorités

  1. formaliser la gouvernance ;
  2. structurer la gestion des incidents ;
  3. renforcer les accès privilégiés ;
  4. tester la continuité ;
  5. structurer le suivi des prestataires critiques.

Décisions demandées

  1. désigner le propriétaire de la feuille de route ;
  2. valider le budget du chantier IAM ;
  3. accepter la trajectoire sur douze mois ;
  4. arbitrer deux risques résiduels.

Les chiffres sont illustratifs et ne représentent pas un benchmark NIS2.

10. Un plan de suivi dans le temps

C’est probablement le livrable le plus souvent oublié.

La fin de la mission doit préciser :

Que se passe-t-il à partir de lundi prochain ?

Le plan de suivi devrait définir :

  1. la fréquence des comités ;
  2. qui met les actions à jour ;
  3. qui valide les preuves de clôture ;
  4. quand réévaluer les mesures ;
  5. qui revoit les risques ;
  6. comment intégrer les changements de périmètre ;
  7. comment escalader les retards ;
  8. comment informer la direction.

Exemple de rythme

Mensuel

  1. revue des actions prioritaires ;
  2. retards ;
  3. blocages ;
  4. nouvelles preuves.

Trimestriel

  1. revue de la feuille de route ;
  2. arbitrages ;
  3. nouveaux risques ;
  4. évolution du périmètre.

Annuel ou selon besoin

  1. réévaluation plus large ;
  2. revue des politiques ;
  3. évolution du référentiel ;
  4. actualisation de l’applicabilité.

Ces fréquences sont une proposition de gouvernance et non des délais NIS2 génériques.

Le ReCyF demande précisément que l’analyse de conformité soit maintenue à jour et que le plan d’action soit suivi dans la durée.


Quel contenu mettre dans le rapport final ?

Le rapport ne disparaît pas.

Il devient simplement l’un des éléments du dossier.

Une structure efficace peut être :

PartieContenu
1Identification de l’organisation et de la mission
2Analyse d’applicabilité
3Périmètre
4Méthode et limites
5Synthèse exécutive
6Résultats consolidés
7Principaux constats
8Priorités
9Feuille de route
10Prochaines étapes
AnnexesMatrice, preuves, détails méthodologiques

Le rapport doit rester lisible par un dirigeant.

La matrice détaillée peut contenir plusieurs dizaines ou centaines de lignes sans être reproduite intégralement dans le corps du document.

Éviter le « rapport conformité 87 % »

Une PME peut apprécier un score synthétique.

Mais celui-ci ne devrait pas masquer :

  1. les exigences non évaluées ;
  2. les preuves absentes ;
  3. les écarts importants ;
  4. les mesures hors périmètre ;
  5. les limites de la mission.

Un score interne de maturité peut être utile.

Il doit être présenté comme un indicateur de pilotage, pas comme un pourcentage officiel de conformité NIS2.


Comment organiser les preuves NIS2 ?

Le consultant doit transmettre une méthode que le client pourra maintenir.

Une arborescence possible :

NIS2
├── 01_Cadrage
├── 02_Applicabilite
├── 03_Perimetre
├── 04_Evaluation
├── 05_Preuves
│ ├── Gouvernance
│ ├── Identites
│ ├── Incidents
│ ├── Continuite
│ └── Prestataires
├── 06_Ecarts
├── 07_Plan_action
├── 08_Rapports
└── 09_Suivi

Mais l’arborescence ne suffit pas.

Chaque preuve doit rester reliée à l’exigence qu’elle démontre.

Il faut pouvoir répondre à :

Pour la mesure X, quelles preuves avons-nous ?

et inversement :

Cette procédure permet de démontrer quelles mesures ?

C’est cette relation qui devient difficile à maintenir lorsqu’une PME accumule les documents sans registre structuré.


Comment construire la feuille de route ?

La mauvaise méthode consiste à copier chaque recommandation dans un planning.

La bonne méthode commence par identifier les causes communes.

Exemple

Le diagnostic identifie :

  1. comptes administrateurs partagés ;
  2. absence d’inventaire ;
  3. MFA incomplet ;
  4. absence de revue ;
  5. départs de prestataires insuffisamment tracés.

Au lieu de cinq chantiers :

Programme : sécuriser les accès privilégiés

Étape 1 — Inventaire

Recenser comptes, propriétaires et usages.

Étape 2 — Politique

Définir les règles d’attribution et de séparation.

Étape 3 — Protection

Déployer MFA et restrictions adaptées.

Étape 4 — Cycle de vie

Formaliser création, modification et suppression.

Étape 5 — Contrôle

Mettre en place une revue périodique.

La feuille de route devient compréhensible par la direction tout en conservant les correspondances avec les exigences initiales.


Que présenter à la direction ?

Le comité de restitution ne devrait pas commencer par :

« Voici les 21 objectifs du référentiel. »

Commencez par :

Voici les cinq décisions qui conditionnent notre trajectoire.

Une restitution dirigeant peut comporter cinq écrans ou pages.

Page 1 — Pourquoi nous sommes ici

  1. hypothèse d’assujettissement ;
  2. objectif de la mission ;
  3. périmètre.

Page 2 — Où nous en sommes

  1. couverture ;
  2. principaux points forts ;
  3. principaux écarts ;
  4. éventuel indicateur de maturité.

Page 3 — Où se situent les risques

  1. 5 priorités ;
  2. services concernés ;
  3. conséquences métiers.

Page 4 — Ce que nous proposons

  1. chantiers ;
  2. ordre ;
  3. horizon ;
  4. ressources.

Page 5 — Ce que la direction doit décider

  1. responsables ;
  2. budget ;
  3. priorités ;
  4. acceptations de risques ;
  5. rythme de gouvernance.

Cette dernière page est la plus importante.

L’article 20 de NIS2 replace explicitement les organes de direction dans la gouvernance des mesures de cybersécurité.


Que doit conserver la PME après le départ du consultant ?

Un bon test consiste à imaginer que le consultant disparaît de la mission le lendemain de la restitution.

L’organisation doit encore pouvoir retrouver :

  1. le raisonnement d’applicabilité ;
  2. la version du référentiel ;
  3. le périmètre ;
  4. les conclusions ;
  5. les preuves examinées ;
  6. les preuves manquantes ;
  7. les actions ;
  8. les responsables ;
  9. les échéances ;
  10. les décisions ;
  11. la prochaine revue.

Elle doit également pouvoir modifier ces données sans détruire l’historique.

Checklist de transfert

  1. Note de cadrage validée
  2. Analyse d’applicabilité documentée
  3. Périmètre validé par le client
  4. Référentiel et version identifiés
  5. Matrice d’évaluation remise
  6. Registre des preuves accessible
  7. Écarts expliqués
  8. Plan d’action attribué
  9. Responsables confirmés
  10. Échéances validées
  11. Décisions de direction tracées
  12. Méthode de mise à jour expliquée
  13. Prochaine revue planifiée
  14. Données restituables sans dépendance au consultant

La qualité d’une mission peut presque être évaluée avec cette seule checklist.


Quelles responsabilités pour le consultant et pour le client ?

C’est une distinction importante pour éviter de créer une dépendance artificielle.

Le consultant est responsable de sa mission

Selon son mandat, il doit notamment :

  1. définir et appliquer une méthode cohérente ;
  2. expliciter les hypothèses ;
  3. mener les entretiens ;
  4. examiner les preuves ;
  5. rédiger des constats factuels ;
  6. signaler les limites ;
  7. proposer des recommandations ;
  8. faciliter la priorisation ;
  9. produire les livrables convenus ;
  10. transférer les connaissances nécessaires.

Il ne devrait pas :

  1. inventer une preuve manquante ;
  2. conclure au-delà du périmètre ;
  3. accepter un risque au nom de la direction ;
  4. déclarer une obligation satisfaite sans base suffisante ;
  5. présenter sa propre échelle de maturité comme officielle.

La PME reste responsable de son organisation

Le client doit notamment :

  1. fournir des informations fiables ;
  2. valider son périmètre ;
  3. nommer les responsables ;
  4. arbitrer les priorités ;
  5. fournir les ressources ;
  6. accepter ou non les risques ;
  7. mettre en œuvre les actions ;
  8. maintenir les preuves ;
  9. superviser les progrès.

Pour les entités concernées, NIS2 place explicitement les organes de direction dans l’approbation et la supervision des mesures de gestion des risques.

Le consultant accompagne la gouvernance.

Il ne doit pas s’y substituer.

Modèle de responsabilité

ÉlémentConsultantClient
Méthode d’évaluationProduit / proposeValide le cadre
Analyse d’applicabilitéAnalyse et documenteFournit les informations et prend conseil juridique si nécessaire
PérimètreChallengeValide
Collecte de preuvesExamineFournit
ConstatRédigePeut apporter des faits contradictoires
RecommandationProposeArbitre
PrioritéRecommandeValide
Responsable d’actionPropose / faciliteDésigne
BudgetPeut estimerDécide
Acceptation du risqueConseilleDécide
Mise en œuvrePeut accompagnerReste responsable
SuiviPeut animerDoit assurer la continuité


Exemple de dossier de livraison pour une PME

Prenons une PME industrielle potentiellement concernée par NIS2.

Le consultant réalise six semaines de diagnostic.

À la fin de la mission, le client ne reçoit pas simplement :

Rapport_NIS2_VFINAL2_def.pdf

Il reçoit un véritable dossier de pilotage.

Livrable 1 — Note de cadrage

5 pages.

Elle explique :

  1. objectif ;
  2. contexte ;
  3. périmètre ;
  4. méthode ;
  5. référentiel ;
  6. limites.

Livrable 2 — Analyse d’applicabilité

2 à 4 pages.

Elle documente :

  1. secteur ;
  2. activité ;
  3. taille ;
  4. hypothèses ;
  5. conclusion.

Livrable 3 — Cartographie du périmètre

Une matrice des services, systèmes et responsables.

Livrable 4 — Diagnostic détaillé

Chaque mesure contient :

  1. statut ;
  2. commentaire ;
  3. preuve ;
  4. écart ;
  5. recommandation.

Livrable 5 — Index des preuves

82 éléments sont par exemple référencés.

Le nombre est fictif et n’a aucune valeur de benchmark.

Livrable 6 — Plan de remédiation

28 actions sont regroupées en 8 chantiers :

  1. gouvernance ;
  2. analyse de risques ;
  3. prestataires ;
  4. IAM ;
  5. incidents ;
  6. continuité ;
  7. sécurité opérationnelle ;
  8. audits.

Livrable 7 — Synthèse de direction

10 slides ou quelques pages :

  1. situation ;
  2. risques ;
  3. priorités ;
  4. trajectoire ;
  5. décisions.

Livrable 8 — Plan de suivi

Le client sait :

  1. quand mettre les actions à jour ;
  2. quand tenir les comités ;
  3. quelles preuves renouveler ;
  4. quand refaire l’évaluation.

À partir de ce moment, le rapport n’est plus la fin de la mission.

Il devient le point de départ de la trajectoire de sécurisation.


Quelles erreurs éviter ?

Livrer uniquement un PDF

Le client ne peut pas facilement suivre les actions, modifier les responsables ou maintenir les preuves.

Remettez également les données opérationnelles.

Affirmer l’assujettissement sans documenter le raisonnement

Une entreprise peut être « probablement concernée » sans que le consultant dispose de toutes les informations nécessaires pour le confirmer.

Documentez les hypothèses.

Écrire « conforme NIS2 » sans qualifier le périmètre

Une conclusion n’a de sens que pour :

  1. un périmètre ;
  2. une date ;
  3. un référentiel ;
  4. une méthode ;
  5. les preuves disponibles.

Ajouter un score opaque

Une note de 73 % ne dit pas :

  1. ce qui n’a pas été évalué ;
  2. quel écart est critique ;
  3. quelles preuves manquent ;
  4. quel risque doit être traité.

Un score peut compléter l’analyse, pas la remplacer.

Confondre preuve et document

Une politique démontre qu’une règle est définie.

Elle ne démontre pas automatiquement qu’elle est appliquée.

Recherchez lorsque nécessaire :

formalisation → mise en œuvre → contrôle → historique.

Produire une recommandation sans responsable

Le ReCyF prévoit précisément un responsable et une échéance raisonnable pour les actions de traitement des écarts.

Une action sans propriétaire reste une suggestion.

Utiliser le même plan d’action pour tous les clients

Les mesures de NIS2 doivent être proportionnées.

Le risque, la taille, l’exposition et le contexte doivent être pris en compte.

Une feuille de route copiée d’une mission précédente ne répond pas à ce principe.

Créer une dépendance au consultant

Si le client ne peut plus retrouver ses preuves, comprendre ses scores ou maintenir son plan d’action après votre départ, la mission est mal transférée.

Une mission récurrente doit être achetée parce qu’elle apporte de la valeur, pas parce que les données sont inutilisables sans le prestataire.


Quel effort prévoir pour produire les livrables ?

Il n’existe pas de durée standard d’une mission NIS2.

L’effort dépend notamment :

  1. de la taille ;
  2. du nombre de systèmes ;
  3. du nombre de sites ;
  4. de la catégorie envisagée ;
  5. de la maturité ;
  6. de la disponibilité des preuves ;
  7. du niveau de profondeur ;
  8. des tests techniques inclus ou exclus.

Pour piloter la production, il est néanmoins utile de réserver explicitement une partie de la charge à la formalisation et au transfert.

Exemple de décomposition indicative :

ActivitéPart indicative
Cadrage et applicabilité10 à 15 %
Entretiens et collecte25 à 30 %
Analyse et qualification25 à 30 %
Construction de la feuille de route15 à 20 %
Rapport et restitution10 à 15 %
Transfert et mise en place du suivi5 à 10 %

Ces pourcentages sont une proposition de planification, pas un benchmark ANSSI.

Le point important est d’éviter de consommer 90 % de la mission dans les entretiens puis de fabriquer le rapport à la dernière minute.


Comment CompliKey aide à structurer une mission NIS2

Une mission NIS2 produit beaucoup d’informations reliées entre elles :

référentiel → mesure → audit → preuve → constat → action → responsable → échéance → rapport.

CompliKey permet de conserver cette continuité dans un même environnement de pilotage.

Centraliser le référentiel et l’évaluation

Les mesures sont organisées dans le référentiel applicable.

Le consultant peut ensuite conduire une évaluation structurée avec :

  1. scores ;
  2. commentaires ;
  3. constats ;
  4. preuves ;
  5. remédiations.

Le référentiel et la version utilisés doivent toujours rester identifiables dans la méthodologie de la mission.

Relier les preuves aux mesures

Les éléments de preuve peuvent être référencés directement au niveau des mesures.

Cela évite de maintenir :

  1. un Excel d’évaluation ;
  2. un dossier de preuves indépendant ;
  3. un Word de commentaires ;
  4. un second Excel de suivi.

CompliKey référence les preuves par lien : il ne nécessite donc pas de centraliser automatiquement tous les documents sensibles dans la plateforme.

Transformer les écarts en actions

Les constats peuvent alimenter directement les remédiations et les actions suivies.

Le consultant conserve ainsi la relation :

Pourquoi cette action existe-t-elle ?

et peut remonter jusqu’à l’audit ayant identifié l’écart.

Partager le suivi avec l’organisation

Les rôles disponibles permettent de distinguer les utilisateurs consultants, administrateurs, contributeurs et lecteurs.

Une PME peut ainsi participer au suivi de ses actions tout en conservant un cadre structuré.

Pour un consultant multi-client, chaque organisation reste gérée dans son espace propre.

Produire une restitution homogène

L’audit, les scores, les constats, les preuves et les remédiations peuvent être utilisés pour produire une restitution cohérente sans reconstruire le rapport depuis plusieurs fichiers.

Maintenir le plan après la mission

C’est le point le plus important.

CompliKey ne doit pas servir uniquement à fabriquer le diagnostic.

L’espace peut continuer à être utilisé pour :

  1. suivre les actions ;
  2. mettre à jour les responsables ;
  3. rattacher de nouvelles preuves ;
  4. préparer les revues ;
  5. réaliser une nouvelle évaluation ;
  6. comparer l’évolution dans le temps.

Ce que CompliKey ne remplace pas

CompliKey ne décide pas si une entreprise est juridiquement assujettie à NIS2.

Il ne remplace pas :

  1. l’expertise juridique lorsque celle-ci est nécessaire ;
  2. un audit technique ;
  3. un scanner de vulnérabilités ;
  4. un test d’intrusion ;
  5. un SIEM ;
  6. un EDR ;
  7. une analyse EBIOS Risk Manager complète ;
  8. le jugement du consultant.

Il structure les données et le pilotage de la mission.

La conclusion d’applicabilité, l’évaluation des preuves et les arbitrages restent des décisions humaines.


Conclusion

Le meilleur livrable NIS2 n’est pas le rapport le plus long.

C’est celui qui laisse la PME capable de poursuivre sa démarche après la mission.

Elle doit récupérer :

  1. le cadrage ;
  2. l’analyse d’applicabilité ;
  3. le périmètre ;
  4. l’évaluation détaillée ;
  5. les preuves ;
  6. les écarts ;
  7. les priorités ;
  8. la feuille de route ;
  9. la synthèse dirigeant ;
  10. le dispositif de suivi.

Cette organisation correspond davantage à l’esprit de NIS2 qu’une note ponctuelle : la directive demande une gouvernance et des mesures de sécurité maintenues dans le temps, tandis que le ReCyF 2.5 prévoit une analyse de conformité actualisée et un plan d’action suivi.

La question à poser au moment de clôturer la mission est donc simple :

Si le consultant ne revenait plus demain, la PME saurait-elle exactement ce qu’elle doit faire, pourquoi, qui doit le faire et comment démontrer les progrès ?

Si la réponse est oui, le livrable est exploitable.


7. FAQ

Quels documents faut-il remettre après un diagnostic NIS2 ?

Un diagnostic NIS2 devrait au minimum laisser une note de cadrage, une analyse d’applicabilité, un périmètre, une matrice d’évaluation, un registre de preuves, une liste d’écarts et un plan de remédiation. Pour rendre la démarche durable, ajoutez une synthèse destinée à la direction et un calendrier de suivi. Ces éléments peuvent être regroupés dans une plateforme plutôt que répartis dans plusieurs fichiers indépendants.

Un consultant peut-il certifier qu’une PME est conforme NIS2 ?

Une mission de conseil ou un diagnostic ne doit pas être présenté comme une certification NIS2 improvisée. Le consultant peut documenter la situation observée par rapport à un référentiel et à un périmètre définis, identifier les écarts et construire une trajectoire. En France, l’ANSSI présente toujours en août 2026 le ReCyF comme un document de travail dans le contexte de la transposition nationale.

Toutes les PME sont-elles concernées par NIS2 ?

Non. La directive vise notamment les entités des secteurs de ses annexes I et II qui atteignent la taille d’une entreprise moyenne ou la dépassent, mais prévoit également plusieurs cas dans lesquels une organisation peut être concernée indépendamment de sa taille. L’applicabilité dépend donc du secteur, de l’activité, de la taille et de situations particulières. L’analyse d’applicabilité doit précéder le diagnostic.

Que doit contenir un plan d’action NIS2 ?

Chaque action devrait être reliée à l’écart qui l’a déclenchée et contenir au minimum un responsable, une échéance et un statut. Il est utile d’ajouter la priorité, l’effort, le coût, les dépendances et la preuve permettant de vérifier la clôture. Le ReCyF 2.5 prévoit explicitement un plan d’action suivi dans la durée et demande au minimum une échéance raisonnable et un responsable pour chaque action.

Qui est responsable de la conformité NIS2 : le consultant ou la direction ?

Le consultant est responsable de la qualité et du périmètre de sa prestation. Il peut évaluer, conseiller, proposer des actions et accompagner leur mise en œuvre. La gouvernance de la cybersécurité reste toutefois du côté de l’organisation. L’article 20 de NIS2 prévoit notamment que les organes de direction des entités concernées approuvent les mesures de gestion des risques et supervisent leur mise en œuvre.

Faut-il remettre toutes les preuves NIS2 au consultant ?

Pas nécessairement. Certaines preuves peuvent contenir des informations techniques, personnelles ou confidentielles qu’il est préférable de conserver dans les systèmes du client. Le consultant peut examiner ces éléments puis enregistrer leur référence, leur date, leur propriétaire et ce qu’ils démontrent. L’objectif est de conserver la traçabilité entre exigence et preuve sans créer inutilement une deuxième copie de toutes les informations sensibles.


Faites de votre mission NIS2 un dispositif qui continue après l’audit

Regroupez le référentiel, les évaluations, les preuves, les écarts, les responsables et les remédiations dans un espace de pilotage partagé avec votre client.

Structurer une mission NIS2 complète avec CompliKey


8. Sources utilisées

  1. Directive (UE) 2022/2555 — EUR-Lex. Source juridique principale pour le champ d’application, la gouvernance des organes de direction et les mesures techniques, opérationnelles et organisationnelles appropriées et proportionnées.
  2. ANSSI — Directive NIS 2. Source officielle française consultée au 20 août 2026 pour le statut de la transposition et le positionnement actuel du ReCyF comme document de travail.
  3. ANSSI — MonEspaceNIS2, FAQ sur l’applicabilité. Utilisée pour rappeler que l’analyse de l’activité, des critères de taille et des autres conditions doit être réalisée par l’entité et qu’une PME n’est pas automatiquement concernée.
  4. ANSSI — ReCyF version 2.5 du 17 mars 2026. Utilisé pour le recensement des systèmes d’information, l’analyse de conformité, l’identification des écarts, la gouvernance et le plan d’action avec responsables et échéances.
  5. ENISA — NIS2 Technical Implementation Guidance, 26 juin 2025. Utilisée comme référence complémentaire pour les exemples d’éléments de preuve et de mise en œuvre concernant les catégories d’entités relevant du règlement d’exécution (UE) 2024/2690 ; cette guidance sectorielle n’est pas présentée comme applicable indistinctement à toutes les PME NIS2.


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